La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

,- J / LA REVUE SOCIALISTE On dira que, pour une augmentation aussi formidable, la maind'œuvre actuelle deviendra insuffisante. C'est une grave erreur: le perfectionnement des procédés de culture permettra d'atteindre de bien plus gros résultats avec moins de peine. Un économiste américain a calculé_ qu'avec le machinisme actuel, le travail de sept hommes suffit pour cultiver le blé, le battre, moudre la farine, pétrir le pain et le faire cuire, de façon à nourrir un millier d'hommes. A ce compte, il ne faudrait que 270,000 cultivateurs pour donner du pain à la France entière. Et nous en avons 6 millions et demi!. .. D'ailleurs, personne ne peut songer à tripler la production agricole. Que ferait-on de cette immense quantité de produits? En en donnant à chacun autant qu'il en pourrait consommer, il en resterait encore beaucoup. On se bornera donc à accroître la production graduellement, de façon à satisfaire largement tous les besoins. Nous avons tenu à prouver la possibilité d'obtenir ce triplement, non pour conclure que l'on doit le réaliser immédiatement, mais pour établir la puissance productive du régime collectiviste à laquelle rien n'est impossible. TRAVAIL INDUSTRIEL Le travail industriel moderne est basé sur l'emploi des machines, la division et la spécialisation du travail. L'accroissement de production qui a pu être ainsi obtenu est prodigieux. Mais dans les petits ateliers, ce système n'est pas applicable ; on y travaille encore à la main ou avec des outils arriérés. En effet, si un petit pafron menuisier est chargé de fabriquer quelqucs fenêtres, il doit faire refendre son bois, le rifler, le raboter, y pousser des moulures au bouvet, faire les joints avec le bédane,_ percer les trous au vilebrequin, assembler et cheviller. Tout cela se fait successivement à la main et prend bien du temps. Si, au contraire, un atelier collectif, pourvu d'un outillage perfectionné, est chargé de faire des fenêtres, il en recevra commande par séries de mille, dix mille et plus puisqu'il sera seul de sa spécialité dans un vaste rayon territorial. Chaque machine ne fera qu'une opération, mais avec une extrême vitesse. Il n'y a pas de comparaison à faire entre fa production obtenue par ces deux méthodes. Il existe bien dans la société actuelle de vastes ateliers pourvus d'un outillage mécanique puissant; mais les ressources de leurs pro-' priétaires, si grandes qu'elles soient, sont limitées et ils ne peuvent renouveler leur matériel chaque fois qu'on y apporte des perfectionnements ayant pour effet d'en augmenter sensiblement la production. La plupart du temps ils laissent marcher leurs vieilles machines de types surannés jusqu'à usure complète. , • ,, . .

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==