La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

L'APPLICATION DU SYSTÈME COLLECTIVISTE 197 affranchir de ce tribut « s1 nous savions ou voulions utiliser les détritus azotés que fournit l'alimentation de l'homme et des animaux ». Que de richesse 'emportent nos égoûts ! Victor Hugo a écrit sur ce sujet un merveilleux chapitre. Ce que la société capitaliste, cette lamentable gaspilleuse, n'a pas su faire, sera l'œuvre du collectivisme. Lui ne laissera rien se dissiper de tout ce qui peut être utile. Il réalisera le vœu de M. Grandeau, et la France ne manquera pas de ce précieux azote si nécessaire à l'entretien et au développement de la vie. Nous auro_1sdonc du pain et de la viande en surabondance, quelle que soit l'élévation de notre population. N'oublions pas le vin, cette boisson nationale que tous les autres peuples nous envient. Là encore, plus que partout ailleurs, nous obte- . nons des résultats dérisoires : le rendement moyen de nos vignobles n'est que de 16 à 18 hectolitres par hectare. M. Georges Ville a obtenu 180 hectos à Vincennes, c'est-à-dire sous un climat plutôt défavorable, en. pratiquant la taille longue et l'emploi des fumures intensives. A Montpellier M. Chanzit a, par le même procédé, augmenté la récolte d'Lrn vignoble de 80 hectolitres par hectare. La France, il faut le reconnaitre, commence à s'engager dans la voie du progrès; elle imite l'Italie qui, en employant les IUfthodes nouvelles, a porté de 20 à 35 millions d'hectolitres sa récolte annuelle. Les anciens principes, encore ancrés dans l'esprit de la plupart de nos vignerons, étaient : plantation serrée sur un sol à peine travaille, taille courte, fumures rares et maigres. La viticu~e moderne défonce profondément le sol, plante large pour permettre le passage de la charrue et de l'extirpateur dans les lignes, pratique la taille longue et fume abondamment. Là est la vérité; là est l'avenir. Il n'est pas téméraire de penser que quand, sous l'impulsion vigoureuse de l'État collectiviste, la France aura généralisé l'emploi de cette méthode, elle récoltera une moyenne de 50 hectolitres par hectare. C'est peu à côté des résultats obtenus aux expériences. Et cependant ce sera le triple de la récolte actuelle. Le plus humble travailleur aura donc du vin à peu près à discrétion! .... Pour toutes les autres récoltes, nous pourrions faire des calculs analogues. Nous nous en ten,ons à ce qui forme le fonds de l'alimentation : pain, viande, vin. • En résumé, avec le système collectiviste on pourrait obtenir le triple de vin, le triple de viande et le double de pain, sans toucher aux 8 millions d'hectares inutiles. Pour.égaliser l'augmentation et tripler le pain, il suffirait d'ensemencer en froment la moitié de ces 8 millions. Le surplus servirait à porter au triple les autres récoltes, pommes de terre, betterave, colza, chanvre, etc., de sorte que l'application du système collectiviste permettrait de tripler l'ensemble de la production agris.ole !

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