LA REVUE SOCIALISTE pécuniaires et intellectuelles. La plupart du temps il est trop ignorant pour savoir ce qu'il devrait faire; quand il le sait le manque d'argent l'en empêche; et si d'aventure il a de l'argent, il est exposé aux tromperies des marchands d'engrais et de semences, qui peuvent rend·re stériles ses sacrifices. En régime collectiviste l'Etat fournit au cultivateursans loyer, impôt, ni redevance d'aucune sorte, le sol, les bâtiments d'habitation et d'exploitation, le matériel agricole, le bétail. Il lui , fait, en espèces ou en nature, toutes les avances dont il a besoin : semences de choix, engrais rigoureusement dosés, main-d'œuvre. Il met gratuitement à sa disposition d'excellents reproducteurs. Il place à côté de lui pour le conseiller un directeur agricole savant et expérimenté. Enfin il lui achète :\ un prix· invariable et très rémunérateur tous ses produits. Comment, dans de telles conditions, le cultivateur n'atteindrait-il pas les hauts rendements cités ci-dessus? D'après M. Grandeau, la principale raison de l'infériorité de la culture française c'est qu'elle manque de fumiers. Le rapport de M. Tisserand constate, et c'est l'avis unanime des agronomes, que pour avoir une quantité de fumier suffisante, il faudrait qu'il y eût en France 500 kilogrammes de poids vif de bétail par hectare. Or il n'y en a que 178 kilogrammes 87 en moyenne, c'est-à-dire un peu plus d1,1 tiers! Si nous pouvions augmenter la quantité de notre bétail, nous augmenterions en même temps celle du blé. - Mais pour augmenter le bétail il faudrait avoir de quoi le nourrir. Est-ce impossible? Nullement. Il faudrait seulement, d'une part pousser au maximum le rendement de nos prairies en les saturant d'engrais èhimiques, d'autre part faire donner au foin réé'olté le maximum de produit utHe en l'employant rationnellement. Par l'emploi de nourritures convenables et l'ensilage des fourrages verts, un cultivateur d'Indreet-Loirè, M. Cottu, récompensé par la Société nationale d'agriculture, a quintuplè le poids de son bétail. Tous les cultivateurs peuvent en faire autant. Ainsi donc la France peut tripler la quantité de son bétail et en même temps elle doublera sa récolte de blé, sans compter ce qu'elle pourrait retirer des terres incultes. Il lui suffit d'avoir assez d'engrais chimiques pour fumer convenablement ses prairies, tout au moins pendant quelques années, car quand le triplement du bétail aura été atteint, le fumier de ferme suffira. Les engrais artificiels sont les phosphates et les matières azotées, principalement les guanos du Pérou. Les phosphates ne manquent pas: déjà, avant la découverte des immenses gisements algériens, la France était, avec la Russie, la nation la plus riche en phosphates. Nous en avons donc à revendre. Pour les engrais azotés, nous restons tributaires de l'Amérique, mais M. Grandeau estime que nous pourrions nous / ..
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==