182 LA REVUE SOCIALISTE On en vint à l'emploi de la chaux. Actuellement (Usine municipale de Paris) les matières à traiter et un lait de chaux sont envoyés dans un appareil distillatoire; de là partent les matières distillées pour aller se transformer en tourteaux dans des filtres-presses, et les gaz ammoniacaux s'échappent dans des bacs d'acide sulfurique clos où a lieu la transformation en sulfate d'ammoniaque. Les liquides résiduaires des filtres-presses sont renvoyés à l'égout et les gaz résiduaires des bacs sont ramenés aux foyers et brùlés. Tous ces procédés sont condamnés en principe et quand l'un d'eux est employé, c'est uniquement pour attendre la réalisation complète du tout à l'égout. Aussi, au congrès de Madrid, ils n'ont point trouvé de défenseurs avoués. Mais un autre mode de traitement y a été exposé qui pourrait bien avoir l'avenir pour lui, au moins dans les localités où le terrain propre à l'utilisation agricole ne serait pas trouvé. Il . 1 • vaut certamement que son examen nous arrete. Le docteur Günther (Dresde) appelle l'attention du congrès sur les procédés microbiologiques de M. Dibdin de Londres : Traitement par les microbes aérobies ou anaérobies au moyen de fosses septiques. M. Smith (notre. ami, bien connu de tous les socialistes qui ont fréquenté les congrès internationaux et ceux des Trades-Unions) cite le cas d'Exeter ou le nouveau procédé par la fosse septique a été employé. Il s'agit, a-t-il dit, d'une grande citerne où se réunissent les eaux vannes; il se forme une croûte superficielle, un dépôt de matières lourdes; la matière organique se brûle par les anaérobies (microbes vivant à l'abri de l'air); les eaux issues de la citerne sont rejetées sur des filtres à coke ou travaillent les aérobies (microbes vivant au contact de l'air). A Exeter, la citerne a 14 pieds de profondeur, ro mètres de large. Il suffit d'une surface totale de 20 mètres sur 20 mètres pour le traitement des caùx vannes de cette localité qui compte 7,ooo habitants. Notre distingué ingcnieur en chef de service d'assainissement de Paris, M. Bechmann avait fait en mars 1898, devant la Sociétédes ingénieurs et architectessanitairesde ~France, une communication sur ce même ~ujet du traitement par des procédésartificiels; voici comment il résume les procédés employés à Exeter par M. Cameron et mis en œuvre à Barking par M. Dibdin: M. Camoron, dit-il, s'est proposé d'éviter les dépôts boueux, en substituant aux traitements chimiques l'intervention de certains microbes qui ont la propriété de décomposer et de liquéfier les matiéres solides d'origine organique. A cet effet, il a fait passer l'eau d'égout dans une fosse voûtée en béton, h_ermétiquement close, mais pourvue de quelques regards d'observation soigneusement tamponnés. Dans cette fosse, qualifiée de septique, et qui mesure environ 20 mètres de long, 5 de large et 2 à 3 mètres de profondeur, il a
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