La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

LE CONGRÈS INTERNATIONAL D'HYGIÈNE DE MADRID 18r d'eau souterraine la plus voisine et polluait ainsi les puits e1wironnants. Au nom· de la sécurité publique, les autorités irnposérent aux propriétaires l'emploi de fosses éta11cbes, c'est-à-dire imperméables. D'ou la nécessité pour ces mêmes propriétaires de les faire vider i des intervalles, hélas! à leur gré trop rapprochés! Et, malgré les coups de pioche donnés souvent en fraude dans une des parois de la fosse pour donner issue aux liquides, il fallait finalement s'exécuter. De là, l'existence d'une industrie libre, on pourrait dire deux; une industrie de transport venant vider les fosses dans des tombereaux et allant livrer le contenu à une autre industrie conservatrice dans des dépotoirs de ces matières avec l'intention de tirer profit de leur ,,aleur industrielle et agricole. Mais en même temps, des villes construites sur les bords d'une rivière y déversaient leurs eaux sales par des r.!1isseaux à découvert, puis au moyen d'égouts, dirigés normalement, perpendiculairement au cours d'eau. Dans un égout, grâce aux tinettes filtrantes on envoya ensuite des matières de vidanges, bientôt suivies par ces matières telles quelles, et enfin, pour assainir ces rivières ainsi corrompues, empestées et contaminées, certaines villes, Paris, Berlin, envoyèrent par le tout à l'égout directement leurs eaux usées et leurs vidanges sur des terrains convenablement choisis et préparés ou d'.une part ces eaux sont filtrées et restituées pures aux cours d'eau, les principes utiles employés au profit de l'agriculture. On voit qu'il résulte de ce court exposé que deux procédés sont en présence_: Le traitement des matières usées par la chimie; Le traitement des nutières usées par l'utilisation agricole. Autour de ces deux questions, pour l'emploi de l'une à l'exclusion de l'autre, et dans chacune d'elle, pour le choix des procédés, on s'attendait à de gros débats. On va voir qu'il s'est dit sur ces points, au congrès, des choses intéressantes, que d'importantes résolutions y ont été prises, mais que les querelles amoncelées n'ont pas cependant éclaté. Voyons d'abord pour le traitement des matières par la chimie : Ava~t 1850 (en France du moins) on extrayait les principes fertilisants des matières de vidanges par la seule évaporation au soleil. Plus tard on décanta les eaux vannes ; les liquides étaient distillés par la chaleur; les matières épaisses étaient desséchées au soleil; les gaz mis en libert~ par l'ébullition envoyés dans des becs garnis d'acide sulfurique pour produire des sels ammoniacaux, ou renvoyés à l'air libre pour les. parties inutilisables. On essaya ensuite d'un procédé plus complet : mélange de chlorure d'aluminium, de chlorure de fer, de phosphate acide de chaux; filtration; ce fut un insuccès industriel.

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