LE CONGRÈS INTERNATIONAL D'HYGIÈNE DE MADRID 183 introduit durant toute une année 250 à 360 mètres cubes par jour d'eau d'égout entièrement brute, sans aucun dégrossissage préalable, qui s'est troU\·ée de la sorte y séjourner dix-huit heures au moins. Lorsqu'elle en sort par le trop-plein siphonné, cette eau n'a pas d'odeur sensible et ne contient plus en suspension que des particules impalpables représentant environ 19 °/o des matières solides qu'elle contenait primitivement. C'est le résultat de la putréfaction qu'elle a subie pendant son séjour dans la fosse septique et qui a eu pour effet la décomposition des matières organiques ainsi que la production de gaz acide carbonique et de carbures d'hydrogène. Si on enlève les tampons des ouvertures afin d'observer les phénomènes qui se produisent dans la fosse, on constate qu'il se forme à la surface une sorte d'écume qui se résout en ces fines panicules obsen·ées dans l'eau à la sortie. Les substances solides inertes, en quantité relati\·ement faible, restent dans la foss<! et forment au fond un dépôt peu abondant qu'il a suffi d'extraire au bout d'une année; les autres sont en grande partie liquéfiées; l'acide carbonique se dissout, et les carbures s'échappent probablement à travers les pores de la rnüte en béton. Le liquide obtenu de la sorte est dirigé sur un des cinq filtres disposés au voisinage, qui présentent une surface de 60 mètres carrés environ et sont formés, les quatre premiers de mâchefer, le dernier de coke en fragments, sur une épaisseur de r m. 50. Un dispositif automatique règle le remplissage et l'égouttement successifs de chacun des cinq filtres. Dans cette seconde partie -de l'opération, le liquide subit un1.:sorte de filtration intermitte11te qui produit une épuration bactérienne par des microbes aérobies, après laquçlle il apparaît clair et limpide, débarrasst: de la majeure partie (70 °/o) des matières fermentescibles. Le procédé de M. Dibdin, d'abord expérimenté a Barking sur des eaux d'égouts préalablement clarifiées, a ensuite été appliqué, a Sutton, sur des eaux d'égouts brutes. Ces eaux, dit M. Bechmann, ont été conduites dans deux filtres successifs, tous deux découverts, formés l'un d'une couche de m:ichefer, l'autre d'un lit de coke; après deux filtrations intermittentes sur ces deux filtres, on a trouve::que les matières solides en suspension étaient réduites de 99 °/o et que l'épuration mesurée par la quantité d'oxygène empruntée au manganate, atteignait une proportion de 75 à 80 °/o. Il a suffi pour obtenir ces résultats de remplir les filtres avec lenteur, en deux heures environ, jusqu'au niveau de la surface des couches filtrantes, d'y laisser séjourner l'eau pendant une heure environ, puis de provoquer un écoulement lent, un égouttement auquel on a consacré cinq heures, de façon à opérer l'épuration complète en huit heures, et à pouvoir en faire sur chaque filtre trois en vingt-quatre heures. Ici comme on le voit tout se passe à l'air libre; ce sont donc les microbes aérobies seuls qui sont chargés de produire la liquéfaction des substances solides comme l'épuration proprement dite (r). (1) M. Dibdin a calculé que soixante-quinze hectares lui suffiraient pour épurer toutes- les eaux de Londres. \
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