La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

IO LA REVUE SOCIALISTE En mê~ temps l'Allemagne concentrait toutes ses voies ferrées aux mains de la puissance publique, et donnait à la collectivité un magnifique outillage de rails, de wagons, de canaux q_ui ~'étaient exploités que pour le profit commun. Elle se gardait bien, en dépit d'erreurs momentanées, de pratiquer la grande et coûteuse colonisation militaire. Cette simple et brève comparaison n'expliqt-1et-elle pas son facile triomphe; n'éclaire-t-elle pas à la fois les raisons profondes de notre decadence économique? * * * La Chambre qui s'est séparée le 3r mai a été plus avant encore dans la voie du protectionnisme que celle de 1889-1893. Il est utile de relever le fait, car les expériences des deux premicres années des nouveaux tarifs eussent pu édifier la représentation nationale sur leur efficacité ou plutôt sur lem action néfaste. Les convoitises particulières qui s'é,taient affirmées avec si peu de scrupule, lors du débat sur la grande loi de 1892, et dont les coalitions transitoires a\'aient emporté de si étranges relèvements des taxes d'entrée, ont poursuivi victorieusement leur œuvre. Si devant la réduction ruineuse de nos importations en Suisse, force a été au gouvernement de faire brèche au principe de la clôture des frontières, le Parlement, par ses votes successifs, a plus que compensé les abaissements, d'ailleurs minimes, consentis alors sur certaines denrées. ; En 1894, le droit sur les blés est porté à 7 francs; les savons, glucoses et amidons et les fruits secs sont surtaxés; en 1897, le régime est aggravé pour les importations de porcs, de viandes fraîches 'ou salées; les mélasses étrangères sont surimposées; ,•ers la même date, le cadenas depuis longtemps réclamé par nos agrariens est introduit'dans la législature; en 1898, la Chambre s'occupe tour à tour, et naturellement dans le même esprit, du plomb et de ses dérivés, de l'acide borique, des chevaux, mules et mulets. Nous n'ayons pas la prétention ici d'énumérer tous les articles sur lesquels le protectionnisme a reçu satisfaction; il nous a suffi d'indiquer, par des exemples puisés dans les divers ordres de la production, les tendances qui ont animé la dernière Chambre. Nous n'entendons pas d'ailleurs discuter les arguments qui ont pu influer sur l'issue de tel ou tel débat; nous n'insisterons même pas sur la question du plomb qui mcriterait pourtant, par ses étranges dessous, une étude approfondie. Nous nous bornerons à constater que tons les votes de relèvements de taxes ont été émis à de très fortes majorités. Elles se sont élevées an moins à 327 voix, aux plus à.422,

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