La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

LA SUPPRESSION DES OCTROIS 175 impôts de consommation, les réductions ne profitent pas aux consommateurs et ne sont un bénéfice que pour les intermédiaires. En résumé : En 1867, le vin, la viande, les fourrages et les combustibles ont payé aux barrières de l'octroi de Nantes plus de 1,400,000 francs. La double influence de cette charge sur la consommation et la production peuvent se traduir.e en quelques -chiffres: Si l'on applique au chiffre de la population fixe actuelle (107,974 habitants), les consommations moyennes constatées sous l'empire des tarifs de l'octroi de l'an VII, on trouve que la ville de Nantes devrait consommer en plus: 20,191,138 litres de vin; 612,210 k. viande de bœuf; 189,494 k. viande de veau; 602,818 k. viande de mouton. Cc qui revient à dire qu'elle aurait à demander annuellement à l'agriculture quelque chose comme : 200,000 hectolitres de vin; 17 ,ooo bœufs; 5,400 veaux; 27,000 moutons (1). Si l'on est fondé à croire que la situation pourrait être telle sous le régime des tarifs de l'an VII, il ne saurait être téméraire de conclure qu'avec la suppressiontotale des droits d'octroi, ces chiffres s'accroîtraient dans une proportion importante, et que cette suppression serait pour le consommateur des villes et le producteur des campagnes un bienfait d'une portée que trop peu de personnes ont encore mesurée. Le nombre des citoyens soumis à l'octroi, en France, est de 10 millions. En admettant que les résultats obsen·és à Nantes représentent la moyenne des résultats qu'on obtiendrait partout si les octrois étaient supprimés, et il n'est pas douteux que cette moyenne sera beaucoup plus élevée, on voit que nous avons sous la main un débouché suppkmentairc pour notre agriculture de : 20,000,000 d'hectolitres de vin; 1,700,000 bœufs; 540,000 veaux; 2,700,000 moutons. * * * Dans le travail assez substantiel d'un adversaire de l'octroi qui écrivait en 1841, M. Barillon, l'on trouve un tableau de la consommation des vins a Bordeaux, Lyon, Grenoble, Toulouse qui démontre aussi que la consommation Jccroît en raison inverse de l'élévation des tarifs. En 1846, M. Genoude faisait les mêmes demonstrations et proposait de remplacer l'octroi par une taxe nouvelle sur la propriété. Quant à l'extrait ·nantais cité ci-dessus, il date de la dernière année du seconJ Empire, du temps del'« Empire libéral », alors que, par intérêt dynastique, Napoléon III daigna écouter les échos des réclamations populaires et que tontes les villes se mirent à étudier la qnes- (r) Le poids moyen des bœufs introduits dans la cousommation de Nantes est de. . . 600 k. donnant 55 ¼ de viande nette. des veaux. . 58 k. 60 °/. des moutons. 44 k. 44 °/o ,

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