La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

174 LA REVUE SOCIALISTE Relativement à l'i11jl11euàces tarifs d'octroi sur les consommations urbni11eest sur la productionagricole, j'emprunte des chiffres très intéressants a !'HistoiredesOctroisdeNantes. On y verra quels débouchés supplémentaires nous trouverions pour notre :Yiticulture et encore quel bien résulterait pour la consommation et par conséquent la santé du peuple, si les octrois étaient supprimés. BOISSONS Vins. - De 1800 à 1808, le tarif était de I fr. 75 par hectolitre et la consommation, par tête, de 337 litres. De 1816 à 1835, le tarif ayant été élevé jusqu'à 4 fr. 40, la consommation n'est plus que de 131 litres. De 1835 à 1852, le tarif a été abaissé à 3 fr. 20; la consommation moyenne s'est relevée à 144 litres. A,·ec le même tarif de 3 fr. 20, elle n'est encore aujourd'hui que de 1 50 litres. VIANDES Bœufs. - De l'an XI à 18JJ, le droit était de 12 francs par tête de bœuf et la consommation, par habitant, de 17 k. 405. Le tarif ayant été élevé successivement à 1 5 et 18 francs, la consommation a diminué parallèlement. De 1832 à 1852, aYec un droit élevé à 25 francs, elle n'est plus que de II k. 736. Mo11to11s. - De l'an XI à l'an XIII, avec un droit de o fr. 50 par tête de mouton, la consommation moyenne par habitant était de 11 k. 023. Le tarif ayant été élevé à 1 fr. 50, elle descend à 8 k. 430. De 1832 à 1852, avec un droit de 3 francs, elle n'est plus que de 5 k. 640. HUILES COMESTIBLES De 1805 à 1816, le droit étant de 6 francs par 100 kilogrammes, la consommation était de 1 k. 510. De 1825 à 1845, le tarif est porté à 12 fr. 5o, et la consommation se réduit à 1 k. 09. SAVONS Jusqu'en 1822, avec un droit de 6 francs par 100 kilogrammes, la consommation par habitant était de 4 k. 542. Depuis cette époque, le droit a été porté à 12 francs, et la consommation est restée au-dessous de 3 k. Il serait facile de multiplier ces exemples. Les défenseurs de l'octroi n'ont pas manqué d'en chercher des explications -dans des faits accessoires, mais sans réussir à ôter à ces rapprochements leur éloquence significative pour les esprits impartiaux. Ils réfutent cette erreur, trop facilement admise, que, dans les

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