8 LA REVUE SOCIALISTE la majorité des nations, soit :iux résultats de 1890-1891, soit même a des rcsultats jusqu'alors inconnus. Seule ou presque seule, la F:ance n'a gncrc bénéficie de cc retour de fortune. L'Allern:igne, les EtatsUnis, l'Angleterre, les Pays-Bas-pour ne citer que ceux-là - dépassaient les meilleures annces d':iutrefois. Notre part dans les échanges totaux du monde, comme dans le mouYcrnent de la navigation, se trouvait soudain réduite, en de fortes proportions. Nous allons essayer de justifier plus loin, en citant des chiffres - et nous nous excusons à l'avance de produire autant de documents d'une lecture aride -les conclusions que nous avons tenu a formuler par avance. Sans prétendre a une rigoureuse exactitude que ne comporte guère l'imperfection de nos publications officielles, sans \'iser a une « actualité» absolue, que nous interdisent les retards de nos administrations de toute nature (r), nous tâcherons de préciser les faits. Nous ne doutons pas au surplus, car les conserYatcurs n'avoueront jamais l'échec de leur politique, que nos ad\'ersaires ne viennent contester nos conclusions. Mais une nouvelle joute - courtoise - aYcc eux n'est point faite pour nous déplaire et nous serions fort heureux, au contraire, qu'un debat loyal pùt jeter un peu plus de lumière sur notre situation - et pour tous les citoyens. Ce n'est pas seulement le procès du protectionnisme que nous voulons entamer ou renouveler ici. Le revirement d'opinion qui s'affirme depuis 1896, et que nous signalions tout à l'heure, laisse supposer que ce système est Mjà atteint, et que, tôt ou tard, il succombera a ses propres excès. La récente crise du pain, en forçant l\,I. tvléline lui-même à snpprinwr rnomcntanement les droits, a porté un coup terrible au régime de 1892. Désormais il est condamne a se disloquer, a se dissoudre sous la poussée des cvénements. Batailler doctrinalement contre lui est presque superflu : il suffit de mentionner les resultats acquis. La responsabilité de la dépression industrielle, commerciale, maritime, etc., de la France remonte, par dela le systcme douanier luimêmc, à l'ensemble de la politique économique qui a cté sui,•ie chez nous depuis une douzaine d'années. Alors que les grandes puissances, nos rivales, perfectionnaient leur outillage, consacraient des millions, des centaines de millions à améliorer leurs voies de communication, leurs ports, etc., nos gouvernements successifs restaient immobiles. (1) Nous n~ cesser~ns de y~otester contre la lenteur aYec laquelle les statistiques du mouvement econom1que general sont communiquées au public. Les O'Ouvernements étrangers. allcman~, anglais, amcricain, vont autrement vite en besognt Nous ajouterons que le dernier ta~leau de la navigation (1896) ne donne qu'une idée très insuffisante de la circulatton dans nos ports. Il n'autorise aucune comparaison avec les tableaux antérieurs.
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