La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE lorsque la royauté, sous prétexte de se charger de l'entretien des hôpitaux, crut bon de mettre la main sur toutes les taxes locales des communes et de décorer cette institution de rapine financière du nom d'Octroi au Roi. * * * Vint la Révolution. - Les dernières vexations de l'octroi avaient été telles, les exactions si nombreuses, les abus si criants que sur tous les points du territoire des troubles éclatèrent au sujet de ,la perception des droits odieux.Ces troubles et aussi les énergiques réclamations qui se produisaient sans cesse à sa barre décidèrent l'Assemblée constituante, le 20 janvier 1791, à proclamer la suppression des octrois, a partir du 1er mai 1791. Les Constituants avaient entendu donner un débouché à l'industrie nationale et dégager le commerce de toute entrave. Pour le peuple, qui ne comprenait plus rien aux barrières depuis la chute de la Bastille, l'abolition de l'octroi était la suite logique de la nuit du 4 août. A Paris, dans la soirée du 30 avril 1791, à la veille du jour de délivrance, des mais furent plantés jusque sous les fenêtres du roi; la ville fut pavoisée, illuminée; les musiques retentirent, l'on dansa, l'on chanta. Et dans toute la France les communes organisèrent spontanément des réjouissances publiques et se livrèrent à une joie qui devait être de courte durée. En effet, ce n'est pas tout que de supprimer; il faut remplacer. Et c'est ce à quoi n'aboutit pas le comité des impositions que la délibération du 20 janvier 1791 avait pourtant chargé de trouver << sous huit jours ata plus tard, le projet des impositions directes qui devaient remplacer les impôts supprimés, et qui étaient p~rçus au profit de la Nation, des Hôpitaux et des Villes ». Bientôt les représentants de la nation parlèrent de rétablir provisoirement quelques taxes, en attendant le jour heureux ou ils pour- _raient mieux étudier; et ils chargèrent Dupont de Nemours de cette tâche ingrate. << De peur qu'un méchant commis ne rendît la loi plus dure », celui-ci accepta et fit précéder son rapport de considérations contraires et signalant entre autres« l'injustice d'imposer sur des marchandises de même nature, dont la qualité plus ou moins précieuse ne pourrait être distinguée, des taxes qui seraient légères sur la consommation du riche, laquelle est toujours dans les meilleures qualités, pesantes sur celles du- pauvre qui ne pouvait atteindre aux qualités supérieures .... » Dupont de Nemours, versant des larmes, déplora son sort d'avoir été forcé par le décret impérieux de l'Assemblée natio- - \ ,.

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