LA SUPPRESSION DES OCTROIS 157 Cependant, sous une tonne réellement administrative, la plus ancienne trace des droits d'entrée et d'octroi à Paris remonte seulement à l'an 1121, oü l'on constate un droit à payer par les bateaux de vins entrant pendant les Yendanges. Enfin, au treiziéme siécle se rencontre un premier tarif applicable pour une année aux bateaux, en tout temps; et en 1268, le prévàt royal de Saint-Louis, Étienne Boileau établit, dans un tarif détaillé, un tableau de droits permanents. En 136oe~t établi un droit ad valorem d'un sou pour livre, destiné à payer la rançon du roi Jean. - A partir de 1400, date où pour la derniére fois il y eut un abaissement de droits, se précise la tendance de la taxe de rente à se transformer en taxe d'entree. Le droit ad valorem ., sert de transition. Apres avoir frappé la Yente, c'est-à-dire le benéfice au moment ou il se réalise, l'on frappe l'objet dans sa valeur sans se préoccuper d~ son débit aléatoire, et l'on finit par ne plus même s'occuper de la valeur, c'est-à-dire par imposer, comme de nos jours, indifféremment et d'une même quotité, des quantités équivalentes, de qualités différentes. Sont astreints à payer aux barriéres : en 1505, les bestiaux sur pied; en 1546, le vin; en 1625, la biére; en 1633, les alcools; en 1640 la volaille, le poisson d'eau douce, le gibier, le beurre, les œufs, le fromage, les fourrages, les matériaux de construction; en 1692, le poisson de mer, etc .... Bref, en 1719, suppression définitive et offi_ cielle des droits de vente en gros et au détail, immédiatement remplacés, quant au nombre et quant au taux, par une augmentation des droits d'entrée. De temps à autre paraissaient des édits, dans le genre de celui de 1323 qui prélevait, pour les besoins de l'État, les deux tiers de la totalité des impôts perçus dans les villes du royaume. - Philippe VI, par lettres-patentes datées de Viviers-en-Brie, autorisait la Ville de Paris, en 1337, à mettre un droit d'entrée :Sur un certain nombre d'objets de consommation, pour contribuer au paiement du subside offert par les Parisiens, « pour frais de guerre ». Sous Henri II et Charles IX, les taxes étaient énormes à Paris, et la consommat-ion du ~in et de la viande n'était plus abordable pour les artisans. - En 1647, Mazarin ordonna le \'ersement des deniers communaux dans le trésor ~oyal, laissant les municipalités libres de répéter les taxes pour subvenir à leurs propres besoins. Colbert se contenta de la moitié des taxes communales, mais ordonna aux communes de se suffire avec l'autre moitié. - Les recettes des octrois allant toujours diminuant, sous Louis XV l'on revint aux errements de Mazarin, afin de récupérer le déficit sur ceux qui pouvaient encore payer. Désormais, au moins autant que les aides et gabelles, l'octroi était devenu impopulaire. Et cette impopularité ne décrut certes pas, au contraire-,
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