La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

LA RÉFORME FISCALE I3 ! beaucoup de côtés légitimé, subsisterait, qu'à une date proche, le régime fiscal subirait les cl1angements réclamés par la démocratie, par le prolétariat comme par la petite propriété des villes et des campagnes .... L'avènement des radicaux au pouvoir a modifié du tout au tout cette situàtion si nette. Mais il n'en reste pas moins que la question de la réforme ·de l'impôt direct est à la première place dans l'ordre du jour du Parlement. Nous ne savons encore en quel sens elle sera résolue, ni s'il se trouvera une majorité pour éluder la transformation nécessaire. li nous sera permis du moins de dire que le parti socialiste se montrera fidèle à son passé - et d'exposer par avance nos préférences rationnelles. * * * Le radicalisme, par la voix de ses chefs les plus autorisés, vient de déserter, de renier la formule qui l'avait pourtant assez bien servi devant le corps électoral - il avait plutôt accru ses positions - et qui était le meilleur de sa plate-forme. L'impôt global ( I) et progressif fondé sur la déclaration était presque l'unique vestige qui subsistât de son programme d'autrefois. Car la revision constitutionnelle, la séparation des Églises et de l'État, depuis l'épreuve déjà critique du cabinet Bourgeois, n'étaient plus citées que pour mémoire, et, en réalité, nul, parmi les membres de la nouvelle « gauche dérnocratique » de la Chambre ne. se souciait de faire, de ces aspirations traditionnelles, des réalités .... L'impôt global et progressif fondé sur la declaration a été rejoindre revision et séparation dans l'arsenal des vieilles armes démodées. L'exercice du pouvoir est mortel au radicalisme; pour se discréditer, il lui a suffi de saisir, à deux reprises, l'autorité gouvernementale. L'on ne sera jamais assez sévère, au surplus, pour le rôle qu'il vient d'assumer, pour les trahisons multiples qu'il a déjà commises à l'égard de ses propres doctrines. Les négociations qu'il avait consenties pendant la dernière crise ministérielle, et où il avait abdiqué les réformes qui étaient sa raison d'être, avaient laissé pressentir les plus étranges volte-faces. Il a été au delà de nos craintes, au delà des espérancês mêmes de toutes les réactions coalisées. Il ne nous appartient pas ici de nous arrêter longuement à l'extraordinaire spectacle que MM. Brisson, Cavaignac, Bourgeois, etc. donnent au pays depuis plus de deux mois. Il nous conviendra pourtant de remarquer que la subordination du cabinet au parti nationaliste, (1) Nous employons, pour plus de brièveté, le barbarisme :i la mode. ,.

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