4 LA REVUE SOCIALISTE Aux élections derniércs, partout oü des catholiques di~sidents, plus ou moins teintés de dcmocratie, ont pose leur candidature contre les deputés sortants, ils ont été élus à des majorités ccrasantes. Dans l'arrondissement de Saint-Nicolas, par exemple, les quatre députés cléricaux restcrent en ballottage avec deux socialistes, tandis qu'un petit cultivateur, sachant à peine écrire, et ne connaissant pas nn mot de français, passait, au premier tour, avec une formidable majorité. A Termonde, le ministre de l'agriculture, ballotté avec un démocrate chrétien, ne dut sa victoire, au second tour, qu'a des moyens de pression scandaleux et a l'appoint des libéraux conservateurs; mais c'est surtout à Alost et a Gand que les tentatives de rapprochement gui se produisirent entre les divers partis d'opposition donnerent à la bataille électorale un intérêt considérable pour l'avenir. Dans ces deux arrondissements, en effet, les socialistes gantois, appuyés par d'autres fédérations du pays flamand, avaient préconisé et defendu contre des attaques assez vives, au sein du parti, une tactique nouvelle : le cartel de tous les partis d'opposition, dans le but exclusif de faire triompher le suffrage universel pur et simple, avec la représentation des minorites. Le Congres du Parti ouvrier, réuni à Verviers aux Pâques derni6res, déclara que cette tactique n'était pas contraire a la ligne de conduite gcnérale du Parti, mais a la condition expresse que l'on fasse appel a tous les partis d'opposition quels qu'ils soient, et que l'on exige de tous les adhérents au cartel des engagements formels et précis, au sujet du suffrage universel et de la revision immédiate de la Constitution. C'était écarter les libéraux doctrinaires, qui firent bande à part, et ouvrir les portes toutes grandes aux démocrates chrétiens, ou plutôt à ceux parmi les démocrates chrétiens qu'on appelle les sauvages, les scbismocrates, les « socialistes Yerts >), pour les distinguer des démocrates chrétiens apprivg.iscs, domestiqués par les conservateurs. Ces avances, au surplus, ne furent pas accueillies. Les gens du ClJristweVolhspartij prcferaient lutter seuls, avec des listes partielles, craignant de s'aliéner les paysans catholiques qui forment le gros de leurs troupes. Bref, le cartel se trouva réduit a une coalition entre les socialistes et les éléments les plus radicaux du liberalismc. A Gand, où les clericaux luttaient contre quatre listes d'opposition (cartel, libéraux, démocrates chrétiens et commercants) la liste , , du gouvernement triompha, mais avec une majorité fort réduite. A Alost, oü les democrates chrétiens, les libéraux et les socialistes présentaient des listes partielles qui s'appuyaient mutuellement, les cléricaux l'emportèrent également, grâce a l'absence de plusieurs milliers d'ouvriers qui traYaillent a l'étranger pendant la belle· saison.
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