La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

II...! LA REVUE SOCIALISTE se ramène à des questions de mesure et d'opportunité, ou de possibilite. Est-il opportun de multiplier actuellement les Facultés de sciences sociales? Est-il possible de créer des Facultés de sciences sociales dans les provinces de Fr:rnce, dans les pays de l'Europe, dans les Universités des deux mondes? Faut-il attendre lès créations d'Etat? S'en tiendra-t-on à l'effort personnel, à l'initiative indépendante, à l'association? Le personnel enseignant répondrait-il partout à l'appel et à la recherche? Existe-t-il partout un personnel disponible? et peut-il se constituer là où il n'existe point, et s'agrandir ou se renouveler, n'importe où. par voie d'echange international? la sociète humaine étant :llt fond la même, en tout pays de civilisation cont<!mporaine, soumise aux mêmes besoins, souffrant des mêmes miscres, éprise du même idéal, et, parmi tant de législations différentes, asservie aux mêmes « lois »... Ce point admis, serait-il bon de constituer aussi des programmes internationaux, et de constituer pour les études sociales quelque chose d'analogue à ce qui est l'Internationale des langues mortt'S pour les hunrnnites? Et, tout bien vu, sera-t-il sage de se mettre en route avec des programmes tout faits, et de tendre à se développer dans ,\es cadres inextensibles? Et, par suite, est-il immédiatement utile de travailler à une organisation génera\e,-ou, plus simplement, à une entente générale des divers enseignements sociaux? JI sullit d'indiquer ici quelques questions. D'autres encore scrom posées. Le Congres international trouvera de la besogne taillée en 1900. Un questionnaire sera dressé p:1r une commission d'organisation, peut-être par une conférence preparatoire, qui pourra se réunir à Paris, dans le courant de l'année 1899, si le Msir en est témoigné par un certain nombre de futurs congressistes; - entendez cc titre, dans un sens très large, de toute personne désireuse de s'associer aux travaux du Congres, étant associée à ceux de l'enseignement social par la pratique, par le line, par le journal ou la revue, par le subside, et, d'une façon plus générale encore, par la sympathie et l'approbation. - Cet article n'est qu'nn preliminaire et, si vous voulez, une invitation. Le but en serait simplement de marquer une date, et d'annoncer qu'un Congrès international de l'enseignement social sera tenu à Paris dans l'été de l'année 1900; peut-être encore, puisque le Coll<'.:gelibre des Sciences sociales a pris l'initative de ce Congrès, de présenter d'avance le Collège aux collaborateurs, connus ou non, parmi lesquels il sera heureux de trom·cr des hôtes. IV Je ne voudrais cependant pas conclure sans répondre - très brièvement - à une question qui s'est déjà énoncée, qui se posera encore, et qui pourrait se résumer à peu près dans les termes que voici : En quoi un Congres, international on non, fera-t-il :wanccr les affaires de l'enseignement social? A quoi peut servir un Congrès ajoute à tant6de Congrès sociaux, et généralement un Congrès quelconque parmi l'énorme poussée de Congrès qui pensent it Aorir l'aube du siècle prochain? - ce qui m'amène it dire quelques mots des Congrès scientifiques en général, de leur utilité, de leurs services, et, plus précisément, des services qui seront rendus, on peut l'espérer, à l'enseignement social par la première assemblée de ses adhérents. Ces pauvres Congrès ont une maunise presse. On leur reproche beaucoup de choses, et entre autres d'être plus éloquents qu'agissants, de ne rien faire, et de beaucoup parler pour dire très peu; on leur reproche surtout d'être trop; et, en dernière analyse, on leur reproche dt! ne servir que très médiocrement, ou de ne servir en rien du tout au réel progrès de la science. Cette dernière objection est la plus grave, car, au bout du compte, il n'importerait guère de quelques élans d'éloquence ni même de quelques Congrès perdus, s'il s'agissait de réaliser sur la masse un bénéfice assuré à la science. Seulement l'objection va-t-elle droit à son but? Or, les Congrès, - qui y prétendent peut-être, et qui auraient tort d'y prétendre, - ne peuvent se mêler ni de faire, ni de définir la science. Ils ne peuvent que prendre acte de rcsultats acquis. Les Congrès sont des Chambres d'enregistrement. Pour modeste qu'il soit, ce rôle n'est pas inutile; mais les Congrès rendent d'autres services. Ils réunissent, et, pour quelques jours, ils associent à une tâche commune des hommes souvent très savants et géncralement très honorables, auxquels aurait pu manquer autrement l'occasion, le motif, et même la pensée de se raaicontrer. - Et j

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