La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

MOUVEMENT SOCIAL I !J dans les ·programmes du Collège, et dans difiërents articles de revue. - Le Collège a grandi très vite. Il n'a pas encore accompli sa troisieme année d'existence, et, durant sa troisième session d'enseignement, trois à quatre cents auditeurs ont pu suivre les leçons de vingt-quatre professeurs (1). Autour des vingt-quatre cours réguliers, des conférences et des " visites industrielles et" sociales » complètent, provisoirement, l'instrument d'études sociales que la pratique et le temps, par des améliorations d'expérience, se chargeront d'achever. - La Bibliotbeque gé11éraledes Scieuces sociales, fondée par un des premiers éditeurs de Paris (2), reproduit pour une grande partie les cours professés au Collège, et prolonge ainsi l'enseignement par le livre. - L'existence matérielle, déja facilitée, sera peut-être assurée, dans un avenir prochain, par le concours généreux et éclairé qu'apporte naturellement la Ville de Paris it une organisation de hautes études sociales, née sur le sol parisien, et, a son tour, concourant, selon ses forces, :i la fortune de Paris. - Enfin, le Collège libre des Sciences sociales, s'inspirant d'idées analogues a celles qui ont trouvé une récente formule dans les doctorats <l'Université, a constitué son diplôme sous les conditions suivantes : « ARTICLEPREMIER.- Pour obtenir le Certificat d'Etudes sociales, l'étudiant doit pro~uire trois attestations délivrées, chacune par un professeur. « ART. 2. - Une de ces ·attestations porte mention d'un mémoire approuvé, après discussion publique, sur le rapport du professeur compétent. « ART. 3. - Des questions seront adressées au candidat par les deux professeurs adjoints au rapporteur. Le texte de ces questi9ns est communiqué d'avance au candidat. « ART._4. - La durée des études est de deux ans. Par exception, et sur demande motivée, cette durée peut être réduite pour les étudiants étrangers qui feront foi d'études sérieuses, attestées par les cahiers de présence, et par le rapport du professeur chargé d'examiner le mémoire. - Les demandes sont présentées au commencement de l'année scolaire à l'administration, qui statue avant la fin de l'année. « ART, 5. - -Le Certificat d'Etudes sociales est delivré par le directeur du Collège, apres avis du Comité de direction. » Il semble que ce texte puisse fournir une garantie suffisante au contrôle du travail, et une attestation sérieuse a l'étudiant « social » au terme de ses études. Une dizaine de candidats ont introduit une demande des la première année. Plusieurs mémoires sont en voie de prépMation; une thcse (3) a cté soutenue en séance publique, et cette première éprell\·c a été reconnue bonne.... • - Telle est, vue datis un raccourci d'ailleurs excessif, l'œuvre accomplie par le Collège libre des Sciences sociales au moins de trois ans, avec tr/;s peu de ressources matérielles, par un rare concours de bonnes volontés, par les sympathies précieuses du monde saYant, de la " jeunesse des Ecoles » et de l'Université de: Paris, par des moyens très simples et un mouvement de progrcs continu. Peut-étre n'est-il pas exagéré de penser que cette œuvre d'initiative privée, à l'anglo-saxonne, ait créêl par des voies françaises, en terre de I'rance, le premier type d'e11seignc111ent général des sciences sociales réalisé dans le monde connu. III Le type présenté par le Collège est-il le seul concevable? Est-il le meilleur? Est-il modifiable et perf~ctible? - Il a pour lui l'i11contestable supériorité de l'existence. Il ne prétend ni s'e11 targuer pour se décerner le prix d'excellence, ni se flatter, étant le: premier, de rester le seul, ni se poser au bord du siècle ett « puissant et solitaire » représentant d'un enseignement qui se réduirait lui-même, et limiterait ses espérances s'il n'espérait se reproduire, et s'il n'aspirait à la variation, it la différence, au mouvemc11t; par le mou,·ement, par la différence et b variation, à l'international et a l'universel. Esp~rancc ou aspiration, dans le dénùment présent de l'enseignement social, tout (1) Sur cc chiffre total, et qu'il n'est guère possible de serrer davantage, il faut compter d'un~ part cent ci11quante à deux cents étudiants i11scrits aux diflërentes Facultés; d'autre part, une centaine d'étrangers. (2) Alcan, éditeur. (3) Sur Lrniien hôpital Sainte-Catherine. Publiée depuis par la Revue pbifo11/bropiq11e. 8

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