La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

I MOUVEME~T SOCIAL c'est tout? - Cela n'est peut-ëtre pas tout, et, au surplus, cela serait tolll que lé résultat ne serait pas si mince. « Un savant», a écrit un ho111me qui les connait bien, pour compter pa1mi les plus illustres, - et, parmi les 111embres de Congrès scientifiques, combien pourraient, se reconnaitre dans ce portrait, • - un sayant fuit l'erreur com111c un catholique fuit le péché, nni par les mêmes sentiments, 111aisil lui est plus facile de ne pas succomber· à la tentation, car il se garde bien de chercher sa force de résistance en lui-mê111e, et, ce qui le sau,·e d'ordinaire, c'est que, son raison1H:ment fait, i) se h:îte de se repérer sur quelque chose d'extérieur pour en éprou,·cr la justesse. Chaque saYant prend pour cela les moyens :\. sa portée : l'nstronome consulte l'observ.nion, le physicien et le chimiste l'expérience, le paléographe fait des fouilles dans les bibliothcques et compare des manuscrits, le naturaliste parcourt les musées ou lit des récits de voy.1geurs qu'il contrôle les uns par les autres, l'historien en fait autant pour les monuments et les récits du passé. Tous sont des saYants au même titre, .\ b double condition de faire leur recherche honnêtement, s.111sp.1rti pris, .::t de prendre les 111.ttériaux de leur conviction en dehors d'eux-111éme, .... » Est-il indiffc:rent que des hommes « fuyant l'erreur», et cherchant cc honnctement » l.1 vérité, se communiquent - il interYalles assez éloignés pour mùrir la com111unication, - leurs travaux, kurs doutes, leurs expériences, et leur marche dans l'obscurité, comment ils gagnent ,, du flair " et deviennent • aptes à deviner ce qui éch.1ppe aux autres hommes »? - Un savant, c'est encore un homme qui « recueille les retardataires, reçoit les nou\'elles recrues, les dégrossit un peu, leur met le sac au dos », et qui s'écrie : « Dépassez-nous, cadets, car YOS jambes sont bonnes, mais, pour Dieu I marchez, car si YOUS restiez stationnaires et vous nous laissiez durer, en vérité, ni \'OUS ni nous n'aurions fait notre devoir! ... ». Est-il Yraimcnt inutile que de telles p:1roles, dites par de tels hommes, soient en. tendues par les jeunes hommes, de,·ant les représentants de la recherche universelle dans les conciles du savoir humain? - Et les détracteurs continueront :1 demander : Ou est le gain de la science pure? - JI est très indirect. L'humanité, ou une fraction de l'humanité, a fait, en « prenant k contact "• un bénéfice réel et imm.:diat. C'est tout. Mais quand l'humanité rblise un gain, le trésor de la science est-il si loin de s'enrichir? Au surplus, et ceci 50it dit aussi quant il la question d'opportunité, il ne sera pas tant, ou uniquement question de science pure au Congrès international de l'enseigne• ment social, mais aussi d'application de la science, application par l'cnseignement, application à l'éducation. Or, il n'a gui:re été réservé jusqu'ici de compartiment propre a l'enseignement social, ni dans les Congrès d'enseignement, ni dans les Congrès« sociaux », et les premiers initiateurs de cet enseignement, où tout est a faire, n'ont guère été provoqués jusqu'ici, ni encouragés, à se réunir et à s'entr'aider en échangeant leurs vue"S. Tout est il faire, et l'on pourrait s'associer pour l'action, et l'on ne se connait pas. On n'a jamais travaillé ensemble. On ne s'est ni consulté, ni concerté: on ne s'est pas même contredit .... Alors même qu'il y aurait un trop grand nombre de Congri.:s en l'année 1900, et que les arbres empêcheraient de ,·oir la forêt, - peu importe. La forét n'en existe pas moins, pour être masquée par les bordures de ses sentes et le front de ses avenues. JI y a beaucoup de besogne à faire, et bt:aucoup de bonne besogne, pour un Congres international de l'enseignement social, entre les discussions purement universitaires des Congrès pédagogiqu~s, les discussions purement aca,lémiques (et d'ailleurs si intéressantes) de l'Institut international de Sociologie, et les discussions purement doctrinales ou purement économiques des Congrès socialistes. Est-il d'ailleurs si md venu <le fixer à cette date du siècle les premières a~siscs <l'un enseignement qui sera peut-être - autant que la version latine ou la métaphysique nêokantiennc - l'enseignement nécessaire du siècle nouveau? DJCJ{ MAY. - ANGLETERRE De notre correspondant Jules lvfagny: Le Cougrès a111111dels Trade-U11io11s. - M. Sam. ~Voods, député ouvrier à la Chambre des communes et secrétaire du comité parlementaire du Congrès \. (

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