112 LA REVUE SOCIALISTE méthode et d'application. L'autre tentative se borne aux retentissants débuts d'une Faculté socialiste (1), qui se posa franchement, se donna pour une école de pure doctrine, constituée pour la propagande, et, au surplus, restant sur ses débuts, ferma ses portes (2) après quelques expositions intéressantes, deux ou trois leçons très remarquables et une courte série de bruyants triomphes. En résumant un historique analogue à celui que je viens d'abréger, peut-être il l'excès, la Revue rl'éco11ou1pieolitique (3) énonçait quelques observations que je reproduirai, faute d'en trouver d'autres à vous proposer : « I. - La " mati.'.!re » très diverse, multiple, et, dans l'état actuel de la science, la matière insuffisamment définie des études sociales se concentrera difficilement, selon les forces lrnmaii1es, dans les limites d'un enseignement général et isolé, ou de plusieurs enseignements également généraux, et incoordonués; " 2. - Les études sociales se disti~guent nettement de la propagande sociale ; " 3. - Toute question sociale, abordée par des méthodes scientifiques, selon des vues de science, est matière d'étude et d'enseignement; , « 4. - Les questions sociales ne sont ni dénombrées, ni classées par consentement général. Les études sont trop neU\·es pour se suffire isolément. La science est trop complexe pour se réduire aux termes simples d'enseignements généraux. Les études sociales, l'enseignement qui les organise, et la science qu'elles doivent constituer ne se développeront que par des procédés scientifiques et des procédés d'expérience, par la division du travail et l'association des spécialités; « 5. - Comme, au surplus, même en s'appuyant - ou croyant s'appuyer sur la science et sur l'expérience, il est utile de cvmpter d'avance avec les tâtonnements, avec l'erreur et l'indécision, la condition nécessaire de toute étude sociale sera la sincérité profonde et l'inflexible bonne foi de l'enseignement organisé. Or, pour que l'enseignement soit sincère, pour que l'erreur - s'il s'en produit - soit de bonne foi et puisse être signalée, par des enseignements latéraux, sans esprit de combat, l'enseignement des chapitres spéciaux de la science sera confié à des sjJécialisles qualifiés pour cet enseignement; et cette conclusion peut paraître dictée par l'excellent M. de la Palice .... Et il faut de même que l'enseignement des théories, par où la science se cherche des formules générales, soit autant que possible confié à des disciples plutôt qu'à de simples observateurs, et jamais à drs adversaires de ces théories. Cette conclusion n'est que le. corollaire de la précédente. Elle ne fut pas généralement comprise. Les plus gros empêchements que subit, à l'heure de sa genèse, l'organisation d'un large enseignement social, n'émanèrent, tout compte fait, que d'un malentendu_ » II On s'entendit plus tard. Le Collège libre des Sciences sociales existait en germe dans ces observations - ou dans d'autres - et, en tout cas, dans les vœux répétés par la jeunesse instruite, dans quelques tentatives antérieures, dans d'incomplètes expériences, probablement r,ussi dans ces obscurs et différents motifs qu'on appelle au hasard « la force des choses ». Le Collège ouvrit ses portes le 17 décembre 1895 avec une organisation d'études extrêmement simple, un programme dressé un peu vite, des plans assez vagues, et d'ailleurs avec la plus sereine impartialité d'opinion, avec un parti pris, - le seul, - d·c neutralité entre les doctrines, et Je vœu avoué de substituer, au cboix, l'exposition des systèmes; comme personnel, douze professeurs, une centaine d'auditeurs; comme budget, rien; com13}Cressource, le dévouement de tous, et l'espérance. Partant de là, le Collège a vécu. Il a grandi. - Sur ce point encore je me bornerai à noter, rapidement, quelques résultats; et ceux que j'indiquerai sont de notoriété publique, ce qui me dispensera de marquer des références; au cas où quelques-uns parmi vous resteraient curieux de renseignements complémentaires, ils les trouveraient (r) A la fin de l'année 1893. (2) Au commencement de 1894. (3) Novembre 1897.
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