La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

LE PARTI SOCIALISTE FRAJ:1:ÇAIS EN 1898 \ !05 fussions vaincus, c'est que la coalition rétrograde fût victorieuse; car avec la victoire de la politique de réaction, c'était tout un pan de notre histoire à rele_ver, toute une série <le conquêtes perdues à reprendre. Il y avait donc lieu de redouter dans l'état de morcellement actuel, ou que l'effort dirigé contre le cabinet Méline écartât un peu les socialistes de leur mode d'action propre - ou que la préoccupation de nous . garder de toute compromission laissât le champ libre aux ministériels. Ces deux écueils furent heureusement évités. Avec une clairvoyance et un discrrnement politique vraiment merveilleux, les groupes socialistes dispersés et sans mot d'ordre commun, mus par leur seul instinct, surent partout faire respecter leur autonomie de parti, en même temps que faire bloc avec les radicaux, là où c\;tait nécessaire, contre la réaction. Cette unité de tactique spontanée a 6té admirable dans son exécution, de précision et de sang-froid. Elle méritait le succès qui a couronné ses efforts et sa réussite est le gage des triomphes qu'elle nous réserve, le jour où, cimentée et organisée, cette unité fonctionnera, non plus spontanément et faite au hasard des accidents de la bataille, mais d'une façon organique, délibérée et réfléchie. * * * L'unité socialiste est devenue, en effet, au lendefnain du scrutin de ballottage, l'idéal immédiatement réalisable, ardemment souhaité par quiconque s'intéresse à l'avenir du socialisme français. L'unité morale et intellectuelle est faite entre tous les groupements; elle a éte scellée par le programme auquel le nouveau groupe socialiste de la Chambre a adheré et dont la profession de foi est indispensable à qui veut se faire inscrire dans nos rangs. Désormais, plus d'équivoques ni de confusions. Seuls, les socialistes seront admis. La constitL1tion du groupe répond sur un ensemble d'idées, non plus sur une juxtaposition de personnes réunies au hasard des convenances et des sympathies. Les nationalistes ont bien tenté, dans les premières semaines de juin, de fonder un groupe: « indépendant », proposaient les uns, « nationaliste », demandaient les autres. A la réflexion - et cet acte de sagesse a lieu de nous surprendre - ils ont compris le ridicule qui s'attacherait à une telle entreprise et ils y ont renoncé. D'ailleurs, persisteraient-ils à vouloir créer une contrefaçon de groupe socialiste, leur tentative ne tromperait personne. Leur place est derrière Drumont, dans 1 le capharnaüm où antisémites et militaristes gesticulent, s'agitent et se contredisent tous les jours. L'opinion sait déja quels adversaires nous sommes de cette politique épileptiforme qui n'exclut pas d'ailleurs les calculs secrets et les trahisons savamment

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