100 LA REVUE SOCIALISTE socialiste de 1898 se trouve en fin de compte considérablement accrue. C'est là un fait d'autant plus remarquable que les socialistes ont eu :\ faire face à d'autres difficultés exceptionnelles en 1898. * * * Ils avaient devant eux, en effet, un gouvernement qui faisait appel pour les combattre à tous les moyens et à tous les partis. I n'est pas besoin d'insister ici sur la pression que le gouvernement a mis en œuvre pour provoquer la défaite de nos candidats. Les agents n'ont reculé dennt rien, depuis la calomnie et le mensonge vomis à pleine bouche, jusqu'à la violence matérielle incluse qui chassait les électeurs des salles de scrutin et transformait, à l'aide de faux impudemment commis, la ,·ictoire socialiste la plus certaine et la plus évidente en défaite. Dans l'Allier, dans l'Aude, le Gers, le Lot, le Lot-et-Garonne les falsifications de scrutin les plus éhontées se sont produites. Même quand les voix obtenues par les candidats socialistes atteignaient un tel chiffre qu'il était matériellement impossible d'attribuer au candidat gouvernemental la majorité, les administrateurs et les commissions de recensement n'en proclamaient pas moins ces derniers élus. Je mentionne ici la pression gouvernementale qui a caractérisé les dernières élections, parce que, contrairement à cc qu'on dit et répète trop souvent, l'intervention des agents de l'administration dans la mêlée électorale n'est pas chose indifférente. Le fonctionnement du suffrage universel est profondément Yicié par cette immixtion dont l'appoint est des plus importants. Même dans les villes, elle traîne après elle tout un contingent de fo1Yctionnaires et d'intérêts qui font bloc en faveur du candidat officiel. Mais c'est surtout dans les campagnes que son action se fait sentir. La centralisation administrative formidable de cc pays met dans les mains de ceux qui détiennent le pouvoir une autorité immense qui suffirait, par le nombre de citoyens de tout ordre qu'elle place directement sous les ordres du gouvernement, à fausser l'expression de la volontc nationale, quand même la direction politique imprimée à cette masse se réduirait aux seuls fonctionnaires, sans compter leurs familles et connaissances auprès desquelles ils sont transformés en agents électoraux. Et qu'on n'objecte pas les sentiments d'indépendance que peuvent nourrir ces fonctionnaires. Dans les campagnes, force leur est de renoncer à leurs opi nions les plus chères, à leurs droits de souveraineté les plus sacrés pour exécuter la consigne donnée de Paris en faveur de tel ou tel. Sous la surveillance permanente et facile de supérieurs épiés à leur
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