La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

. \ f LE PARTI SOCIALISTE FRANÇAIS EN 1898 99 Richard, Lavy et Gabriel Deville à Paris; à Carmaux, quoique à un degré moindre, parce que due à un ensemble de causes générales et locales toutes spéciales, celle de Jaurès. Là ou les socialistes n'avaient que quelques voix de majorité, la diversion opérée par Rochefort en faveur du candidat réactionnaire put faire pencher la balance du côté de ce dernier. C'est cette diversion qui amena l'échec de Lavy et de Gérault-Richard à Paris. Mais en somme, quelque regrettables que soient ces échecs partiels, la manœuvre tentée n'eut pas les résultats qu'en attendaient Rochefort et surtout le gouvernement et les réactionnaires qui escomptaient la nouvelle pirouette du lanternier pour les débarrasser des socialistes. De sorte que le « grand pamphlétaire » servit simplement d'appoint à quelques personnalités obscures dont l'lutmnsigeant fit la fortune inespérée et ce fut tout. L'importance électorale du parti nationaliste équivalut exactement à ce qu'elle avait été pendarit la législature : c'est-a-dire à zéro. Ils ont figuré dans la lice, comme ils figut'aient au bas de nos manifestes ou de nos demandes de scrutin public. - Si je me suis étendu sur leur retraite et les causes qui la rendaient indispensable, c'est que leur départ, en allégeant le parti du poids mort qu'il traînait, lui rend son unité morale, en attendant l'unité matérielle d'organisation tentée et accomplie dans une foule de circonscriptions. * * * La dernière campagne a /té remarquable, en effet, par l'esprit de solidarité et de cc_)Urtoisiefraternelle qui régna entre les diverses organisations autrefois rivales. On peut dire qu'en 1898 le socialisme français a fait un progrès plus précieux que la conquête de quelques sièges : il a réalisé en fait son unité. Rares en effet ont été les circonscriptions ou des candidats socialistes, appartenant à des organisations diverses, ont eu à lutter. Dans la plupart des cas, les groupes locaux ont su faire, dès avant le premier tour, la concentration des fazces profétatiennes; et là ou deux candidats ri vaux sollicitaient les suffrages des ~lecteurs, les deux concurrents, renonçant aux polémiques déplorables d'autrefois, se sont appliqués, au premier tour, à . combattre l'ennemi commun, le candidat bourgeois ou réactionnaire. Les résultats obtenus par cette nouvelle tactique sont venus démontrer une fois de plus les inestimables bienfaits de l'entente et de l'union. Le èhiffre de voix obtenu par les candidats socialistes sur toute la surface du territoire a presque doublé sur 1893, et, malgré les ïnsuccès ioca1:1x qui sont venus nous attrister, la représentation \

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