88 LA REVUE SOCCALISTE dérable sur la mortalité. Des savants juifs, Mayer, Neufville et. Kolb, se sont livrés à une étude très intéressante de la mortalité comparée chez ceux de leurs coreligionnaires qui observent ou enfreignent les prescriptions du repos sabbatique et il résulte de leurs recherches que la mortalité la plus grande sévit sur les Juifs qui violent la loi du sabbat. Les mêmes observations ont pu être faites sur les ouvriers de toute confession et de toute race, en comparant la mortalité de Londres avec celle des ouvriers du continent. L'abbé Beck fait très justement obserYer que l'intérêt de la famille, autant que l'intérêt des individus, milite en faveur de l'observation du repos hebdomadaire. Il n'y a pas de foyer, pas de viè familiale possibles, sans la réunion, à des intervalles périodiques, des membres de la famille qui se voient à peine après la journée de travail. Mais pour que le repos du dimanche soit efficace, pour qu'il porte tous ses fruits, la famille ouvrière doit pouvoir jouir du repos de la moitié du samedi. Ainsi l'a-t-on compris en Angleterre où le Half Holyday est en vigueur depuis des années. En Suisse, il semble qu'on veuille s'orienter assez rapidement vers cette pratique. En 1895, des enquêtes officielles ont été ordonnées dans ce pays sur l'introduction légale du congé du samedi après midi, et les inspecteurs de fabrique fédéraux ont constaté que « le nombre est petit de ceux qui nient la nécessité d'un congé total ou partiel du samedi après midi. Au reste, ajoutent-ils, peu de patrons le contestent. >> Certains économistes libéraux, qui depuis se sont faits ermites pour la plus grande gloire de l'Église et du patronat, raillaient, il n'y a pas longtemps, les socialistes de leur adhésion à la rcglc rèligieuse du dimanche. Ces esprits forts réclamaient, au nom de la liberté du travail et de la neutralité confessionnelle de l'État, le droit pour les patrons d'exploiter leurs ouvriers le dimanche comme les autres jours de la semaine. Les socialistes se moquent, pour la plupart, des prescriptions de la loi religieuse: il leur est égal que le jour férié consacré au repos soit un jeudi, un vendredi ou un dimanche. Ils revendiquent seulement un jour de repos hebdomadaire, et si c'est le dimanche qui doive, de par la coutume établie autrefois, être à nouveau le jour de repos légal, ils sont prêts à souscrire à celui-là comme à tout autre. Jaurès le disait très nettement le mois dernier à propos des travaux de !'Exposition. Malheureusement, il avait compté sans l'hostilité très nette des catholiques de la Chambre. Ceux-ci, en effet, déclament contre le travail du dimanche dans leurs journaux et leurs sermons. Mais, en tant que représentants des intérêts sociaux dont l'Église a la garde, ils n'hésitent pas : entre le patronat qui croit défendre son coffre-fort, en refusant de fermer son atelier le dimanche et la foule des ouvriers dont les âmes sont en voie de perdition si l'on ne fait pas
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