La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

74 LA REVUE SOCIALISTE tcrpcllation sur la crise agricole, a obligé nos adversaires a prendre une attitude si nouvelle. Le parti socialiste n'aurait-il rendu au pays que ce grand service de placer au premier plan, d'inscrire en tête de l'ordre d~1jour des préoccupations de tous les partis la question sociale, il aurait rendu a la République un service dont nous aurions le droit ct'être fiers. Mais il a fait plus; il a, peut-on dire, bouleversé les conditions <le la Yie politique. Avant lui, il y avait en présence, dans le champ clos de la politique, dix partis différents, dix fractions diYcrscs qui luttaient pour des nuances, pour des ambitions électorales ou des compétitions ministérielles. Le parti socialiste est arrivé, il a parlé, il a agi. Et aujourd'hui, tout le momie le scntetlc proclame, il n'y a plus que<lcux partis en présence. Le premier ne mérite d'autre nom que celui de parti de l'oligarchie et tk la ploutocratie; hypocritement ou ouvertement, il combat pour le maintien de toutes les iniquités, de tous les abus du passé, que la République n'a été fondée que pour abolir et faire disparaître. (Ajlplr11ulissen1t11ls.) En foce de cc parti qui unit dans ses rangs les réactionnaires d'hier et les républicains repentants d'aujourd'hui, ceux qui jadis espéraient trouver dans la Monarchie ou dans l'Empire le palladium de leurs priviléges, et ces républicains renégats qui ne pardonnent pas a la République de ne pas s'être contentée de les avoir mis au pouvoir, mais qui a l'insolente prétention, apres avoir fait leur fortune politique et matérielle, de ne pas s'arrêter là et de Youloir faire leur part aux malheureux qui ont fondé la République et qui l'ont défendue aux jours de péril (Appla11disse/J/euls.), en face de cc parti oligarchique et ploutocratique se dresse le parti de la démocratie, resté fidele aux idées républicaine:, et qui entend que la République porte tous ses fruits; à sa tête marche le parti socialiste. Je ne m'exprime pas ainsi par un puéril amour-propre, parce que j'ai l'honneur d'appartenir au parti socialiste; si je lui attribue cette place d'honneur et de lutte, c'est parce que, dans tous les partis, ceux-la prennent forcément la tête et la direction du mouvement, qui ont dans l'esprit et dans le cœur la conception la plus haute, l'idéal le plus large, le plus géncreux a réaliser. Nos adversaires eux-mêmes nous en fournissent la preuve : il y a quelques jours, a l'Académie française, dans cet asile de toutes les idées du passé, 1YIA. Ibert Vanda!, prononçant l'éloge de son prédécesseur, M. Léon Say, était obligé de confesser que les doctrines dont le grand-pcre de Léon Say avait été un des fondateurs et dont Léon Say - lui-même avait été un des grands-prêtres, paraissaient ne plus suffire aux besoins nouveaux de l'humanité. Il avouait que, même de son vivant, Léon Say avait eu les mêmes appréhensions et que, reconnaissant l'inefficacité de ces doctrines seches et arides, a la défense des-

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