LA PLATE-FORME ÉLE€TORALE 75. quelles il s'était tout entier consacré, il avait, \'ers la fin de sa vie, cherché un auxiliaire efficace qui permît à l'économie politique de prolonger, quelque temps encore, une existence et une influence qui chaque jour déclinaient. De quel coté s'était-il tourné? Léon Say était protestant, mais cela ne l'avait pas empêché de s'adresser a l'Église catholique. On sait qu'aujourd'hui l'idée religieuse n'a plus qu'une influence tout a fait secondaire dans le groupement des partis et nous sommes habitués depuis longtemps à voir la Banque jui\·e, le haut Protestantisme faire le meilleur ménage avec l'Eglise catholique. (Ap- • plnudisse111wts.) Léon Say, protestant, avait cru - il l'avait dit - qu'en demandant, par exemple, la rcntrce des sœurs dans les hopitaux, on allait rendre au parti dont il était un des cheîs une vigueur inespérée. Il se trompait grossièrement. On n'inocule pas à un parti la vitalité qui l'abandonne en le liant à des idées mortes et, quelles que soient les tentatives de résurrection auxt1ucllcs désespérément on s'accroche, c'en est fini de l'influence de l'idéal catholique sur les masses; trop longtemps l'Église a été la servante et l'alliée de tous les pouvoirs d'oppression et d'injustice! (Applaudisse111e11ts.) Elle a mis au service de trop de tyrannies dans le monde l'appui de ses dogmes et de ses prêtres pour qu'aujourd'hui clic puisse, avec quelque chancè de succes, tenter, comme le lui conseillait déjà Lamennais. de retourner aux sources de l'Évangile. (Appln11disse111e11/s.) Elle n'est plus aujourd'hui qu'une grande chose morte qui ne ressuscitera pas. Mais le seul fait qu'un homme aussi intelligent et ·aussi perspicace que Léon Say se soit tourne vers elle comme vers. l'appui dont il avait besoin, prouve l'impérieuse nécessité d'une idée plus haute que les préoccupations matérielles quand on veut enflammer les masses, les conquérir à une cause. • Si le parti de la ploutocratie est incapable de trouver cet idéal, si l'Église catholique ne peut lui apporter qu'un secours illusoire et éphémère, s'il est dès à présent condamné à mort parce qu'il manque et parce qu'il est condamné à manquer toujours d'un idéal capable d'attirer et de retenir la foule, nous au contraire, parti de la démocratie, nous pouvons offrir à l'humanité un ideal dont elle apprécie chaque jour davantage la haute et sereine beauté. C'est un idéal purement humain, c'est un idéal de justice et de solidarité, et si le parti socialiste est légitinicment à la tête du parti democratique, c'est qu'il ne se contente pas des réformes partielles, - auxquelles pourtant il travaille - c'est que, dans l'claboration quotidienne des lois, il ne s'arrête pas aux résultats insuffisants qu'il parvient a réaliser et qu'au moment même ou il demande et obtient ces réformes, il en proclame luimême l'inanité et l'inefficacité, et que c'est seulement dans l'instauration d'une société nouvelle, ou le salariat ne sera plus qu'un souvenir
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