CHRONIQUE MUSICALE ï59 maîtresse; ces arguments, d'ailleurs les Scudo d'autrefois ne les sortaient que rarement, car on sait qu'au Théâtre-Italien cher à nos pcres, c'est toujours la même piece, sous des noms et des costumes quelque peu différents, que l'on servait aux habitués de l'endroit; et les Scudo d'aujourd'hui, depuis qu'ils se sont décidés en désespoir de cause, de faire du wagnérisme leur chenl de bataille, n'ont que bien rarement à fulminer contre les Messidor ou les Fervaal qu'on leur offre à petites doses. Qu'ils se console11t dans les opérettes toujours identiques que leur servent leurs théâtres favoris; le public avide d'art, toujours plus nombreux, n'en a cure, et les laisse grogner dans leur fange. Cette représentation de Fervaal, Ycritable début de M. Carré comme directeur de l'Opcra-Cornique, fait bien augurer de l'avenir. La piece, très artistement montée, était jouée de façon parfaite par Mme Raunay et M. Imbert de La Tour, créateurs des rôles de Guilben et de Fervaal à la Monnaie; celui-ci n'a malheureusement pas le physique très héroïque; M. Beyle s'est montré excellent dans le rôle du vieux druide; et tous les rôles secondaires, figuration y compris, étaient tenus très convenablement. M. d'Indy est heureux d'être ainsi servi pour ses débuts au théâtre, et Fervaal, qui n'est certes pas sans défauts, fait bien présager de l'avenir et du compositeur, et de l'école dramatique française. J .-G. PRoo'ttoMME. M. Dandelot vient de publier (chez Havard fils) un volume sur la Sociéte des Co11certsdu Co11ser-vatoirede 1828 à 1897 : les grnud~ Concerts symphoniques de Paris. C'e~t une véritable histoire des concerts en France depuis plus d'un siècle et demi ; malheureusement, la partie rétrospective est un peu écourtée : par contre la partie concernant le Conservatoire, la principale du livre, évidemment, retrace depuis ses origines l'histoire de l'illustre société. L'auteur a une grande admiration (très justifiée certes) pour celle-ci, mais je ne comprends pas pourquoi, dès la préface, ·il prend à partie M. Nikisch, dont les concerts eurent un si grand succès l'an dernier. Aurait-il voulu faire œuvre patriotique, en racontant, après Elwart et Deldevès, l'histoire de la Société des Concerts? Je n'en vois pas l'utilité. ..-- - L'Ouvreuse du Cirque d'été nous a donné récemment son volume annuel : après les 1/ains de sons, la Mouche des croches, Notes sa11s portée, etc., voici Acco1'dsperdus, illustré par José Engel. Inutile d'en faire l'éloge, je pense ; tous ceux qui veulent se faire une opinion sur une foule de questions musicales, le liront avec fruit, - et ils ne s'embêteront pas. J.-G. P. r.
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