CHRONIQUE MUSICALE 757 les Sarrazins. Guilben, la fille de l'émir, belle, et magicienne par surcroit, recueille le blessé dans son palais enchanté, et le guérit. Au premier acte, Fervaal est étendu mollement sous les orangers des jardins de la belle princesse ( r). Le vieux druide Arfagard vient le tirer de son repos et lui rappelle que, dernier descendant de la « race des Nuées » ( des Nuées qui, enfantées par la déesse Kaïto, engend rèrcnt à leur tour la race des dieux et des chefs), il se doit à la defense de Cravann. « La cité est menacée, un homme seul peut la sauver ... » et il vient chercher Fervaal pour l'initier aux mystères druidiques. Arfagard s'éloigne, ayant apporté ses armes au héros prédestiné. Celui-ci, resté seul un moment, est bientôt rejoint par Guilben qui s'est mise à aimer Fervaal; et tous deux s'enlacent déjà, unissant leurs voix dans un chant d'amour passionné, lorsque retentit l'appel d'Arfagard. Après une courte lutte, Fervaal retombe dans les bras de Guilben; mais un second appel, plus impérieux, l'arrache irrésistiblement des bras de l'enchanteresse. Alors Guilben, repoussée, appelle à son aide les hordes sarrazines et jure de les conduire à l'assaut de la riche Cravann. Grandiose est l'acte suivant, sur les hauteurs des Cévennes, au. flanc bouleversé de l'âpre montagne. Arfagard enseigne à Fervaal qu'il est destiné à sauver sa patrie, qu'il est le fils des Nuées, et dans le ciel sombre apparaissent au-dessus de l'autel druidique: Esus, dieu du feu, et l'arbre, image du monde, et le chêne symbolique de la race, et le Serpent primordial qui se transforme en la déesse Kaïto, l'Erda celtique, et celle-ci prophétise ainsi la chute du druidisme : Si le Serment est violé, Si la Loi antique est brisée, Si l'Amour règne sur le monde, Le Cycle d'Esus est fermé. Seule la Mort, l'injurieuse Mort appellera l::t Vie. La nouvelle Vie naîtra de la Mort. Fervaal obéit sans mot dire aux ordres du prêtre, et va revêtir son armure. Pendant ce temps, arrivent les chefs gaulois, suivis de leurs hommes, et l'on commence le sacrifice; et lorsqu'ils demandent-quel chef les condui,a contre les hordes barbares, Arfagard leur annonce que les oracles ont désigné pour brenn, Fervaal, fils de Raidig, qui mourut en défendant Cravann. Et Fervaal apparaît. Mais le jeune chef se déclare indigne de commander, et confesse son amour pour Guilben, et lorsqu'Arfagard veut le maudire, il l'interrompt: « L'oracle a dit (1) On connait le délicieux prélude de ce premier acte, lumineux et berceur, p:ir les auditions qui-ont été données cet hiver au Châtelet et au Cirque.
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