LA REVUE SOCIALISTE CHRONIQUE MUSICALE T111;ATRLDE L'OPÉRA-COMIQUE: Fervaal, action musicale en trois actes et un prologue, paroles et musique de M. Vincent d'Indy. Je crains bien qu'il ne soit difficile de donner quelque impression tres neuve sur Fèrvaal, que !'Opéra-Comique a récemment représenté, pour la première fois en France. L' « action musicale» dont M. Vincent d'Indy est à la fois le poète et le musicien, a été étudiée ici même par notre collaborateur Alphonse Richard ( 1). Représentée d'abord au théâtre de la Monnaie de Bruxelles, le 12 mars 1897, elle fut appréciée, et discutée fortement, par toute la presse, notamment par M. Kufferath, dans la Rivista musicale italiana (2). Plus récemment, MM. Henry GauthierVillars et Pierre de Bréville ont donné de Fervaal une Etude thématique et analytique des plus complètes ( 3). La partition de M. d'Indy peut donc être désormais approfondie par les connaisseurs, et il suffit de rappeler brièvement la fable du drame. Le lieu où il se passe, c'est le cœur de la France, la chaîne cévenole, à l'époque des invasions sarrazines; l'action (dont les grandes lignes ont peut-être survécu dans des mythes celtiques encore persistants) est toute légendaire et tout entière, je crois, de l'invention du poète-compositeur; elle symbolise la lutte de la religion druidique expirante contre la foi nouvelle du Christ qui la doit vaincre, contre la religion d'amour qui remplacera la religion aux sacrifices sanglants. Au prologue, Fervaal, dernier rejeton de la race sacrée des dieux et des chefs celtiques, est blessé mortellement dans une rencontre avec (1) Voir la Revue Socialiste de novembre 1896, p. 554 et suiv., Un Drame social. A la même époque, les Concerts de !'Opéra ont exécuté des fragments du deuxième acte, sous la direction de l'auteur lui-même. (2) Rivisla 11111sicaitlaelia11a, 189ï, 2• fascicule, p. 313. (3) Durand, édit. Il faut aussi signaler l'étude de M. E. Destrange, la première en date, je crois (Fischbacher, édit.).
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