I 744 LA REVUE SOCIALISTE LE PARTI SOCIALISTE ITALIEN Et la Revolte de Milan I La grande masse des lecteurs qui se repaît quotidiennement l'âme et la cervelle de la lecture de tel ou tel des journaux conservateurs d'Italie s'entend dire, redire, et (pour hasarder l'expression) condire sur tous les tons qne la cause, directe ou indirecte, de la récente révolte de Milan est la propagande socialiste, ou seule ou jointe à la propagande républicaine et cléricale. Voilà le « leit-motiv >> que la musique tapageuse de l'orchestre conservateur va composant sur le drame social des jours passés. Il s'y joint des variations pour ou contre le ministére. Mais toutes chantent le même thème. Et, pour tous les bons et braves lecteurs, dont l'âme et le cerveau sont imprégnés de ce <<motif» avec la persistance obstinée des phrases musicales qu'on a entendues et réentendues, aujourd'hui le parti socialiste et la révolte de Milan se tiennent et sont indissolubles comme la cause et l'effet. En est-il vraiment ainsi? Certaineme~t non. Il est facile de démontrer qu'il n'en est pas ainsi, que c'est exactement le contraire. En d'autres termes, non seulement la révolte de Milan ne se relie pas à l'action du parti socialiste comme l'effet à la cause, mais encore elle a éclaté malgré l'existence du parti socialiste et contre son gré. Ce parti, en effet, parmi ses fonctions sociales, a celle de rendre toujours moins fréquentes les secousses, d'être comme une sorte de paratonnerre social contre les coups de tonnerre de la révolte. Analysons à ce point de vue et l'individu et le parti socialiste, spécialement en Italie. * * * L'individu qui est en voie de devenir socialiste subit, par l'essence même des principes socialistes, la lente infiltration dans son âme d'une théorie qui, faisant retomber tout le mal social non sur tel ou tel
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