734 LA REVUE SOCIALISTE nature et en flétrissent les organes. Ces agissements impriment aussi à l'organisme général le type du dépérissement et du contraste sexuel, tant en ce qui concerne l'aspect extérieur que le caractère, et provoquent par l'atonie nerveuse, pour l'esprit comme pour le corps, des tendances et des dispositions maladives. L'homme s'effémine, la femme prend des allures masculines dans la forme comme dans le caractère, parce que la conjonction des sexes ne s'est pas accomplie suivant le plan de la nature, parce que l'être humain n'a revêtu que l'une de ses faces, qu'il n'est pas parvenu à sa forme complète, au point culminant de son existence. » On ne saurait mieux dire. L'auteur anonyme des Eléments de Scieucesociale, Hegerisch, le traducteur allemand de l'Essai sur le Principe de Population (1), les princes de la médecine, de la physiologie et de la gynécologie parlent dans le même sens. Les maladies filles de la continence forcée font de jour en jour un nombre plus considérable de victimes. On peut en dire autant des maladies nées de la débauche. * * * La division de la société en classes a enfanté les maux les plus douloureux que la Terre ait connus. Pendant qu'une minoritc de privilégiés se démoralisait dans l'oisiveté et les plaisirs faciles, la grande masse s'anémiait sur la galère du travail et succombait sous le fouet de la misère. La dégénérescence des classes dirigeantes, des familles aristocratiques, royales, etc., est un fait universellement constaté. L'influence délétère du pouvoir est attestée par l'histoire de tous les temps et de tous les peuples. Il n'est point de familles régnantes qui ne doivent le gouvernail politique à de hautes qualités physiques ou intellectuelles. Il n'en est point non plus qui aient su les conserver. Quelques siècles suffisent pour ensevelir la plupart des dynasties royales, impériales, etc. Et dans quelle fange elles tombent bien souvent! « Le pouvoir de disposer à son gré des destinées d'une nation qu'un enfant de race royale trouve comme un hochet à son berceau est un mal, dit Barbe Gendre dans sa Psychopathiedans l'histoire et la sociologie (1881). Il faut que les peuples sachent que, s'ils veulent (1) Voir Je Problème de l'Amour. Revue Socialiste (n°' 150, du 15 juin, et 1p, du 15 juillet 1897).
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