LE PROBLÈME DU PROGRÈS 73 I malsains où l'on condamne la jeunesse mâle à séjourner <les semaines et des mois. Les guerres napoléoniennes ont altéré la sante de toutes les populations de l'Occident. Nos manœuvres et nos expéditions coloniales aggravent encore le mal déchaîné par l'Attila moderne. La syphilis a des foyers autour de toutes les casernes. Les soldats libérés la portent dans les campagnes où elle était inconnue ; ils l'introduisent dans les familles qu'ils fondent. Les b·oissons alcooliques sont à peu prés les seules que le soldat consomme en garnison et en campagne. Rentré dans ses foyers, souvent il continue à absorber les mêmes poisons. Rien d'étonnant à cela. Le soldat - comme l'ouvrier - a besoin d'un aliment d'épMg11e t d'un consolateur. L'alcool (1) lui fournit l'un et l'autre. La sélection guerriére, nous l'avons dit, est régressive. Elle affaiblit, corrompt et tue l'homme. Elle dévore la richesse, stérilise le travail, détruit la civilisation, enfante la tyrannie et développe l'exploitation des masses populaires par des minorités privilégiées. * * * La sélection sexuelle produit des effets non moins désastreux. On lui doit la prostitution, le mariage mercantile, la stérilité, le célibat, la débauche, etc. « La prosütution est à la femme ce que le militarisme est à l'homme, dit R. Chaughi. De même que le militarisme s'empare des hommes les mieux constitués, les plus aptes a la reproduction de l'espèce et à l'élaboration du progrés, et accumule contre eux les risques de destruction ou d'amoindrissement, de même la prostitution attire a elle les femmes les plus jolies, celles qui eussent contribué le mieux à perpétuer le type humain dans toute sa pureté, à le diriger vers une perfection plus grande. Vouées à l'infécondité, elles sont perdues pour l'œuvre de la reproduction, laissée presque toute aux soins des autres femmes, celles d'une beauté médiocre. La plupart des filles pauvres et jolies cherchent dans la galanterie un moyen d'existence que la société leur- refuse ailleurs. Quant aux femmes riches, belles ou laides, leur richesse même leur interdit d'avoir une nombreuse lignée, sous peine de voir gaspiller une fortune qu'elles veulent intacte ; belles, la coquetterie vient ajouter son argument à celui de la fortune, et elles se refusent à laisser la grossesse déformer la grâce aristocratique de (1) L'alcool, à vrai dire, n'est pas un alime11t. C'est plutôt un co11lre-ali111ml. Alimmt (latin alimentum; de alerer, nourrir) signifie nourriture. L'alcool ne 1101'rrit pas. Au contraire, il épuise et empoisonne; parfois il tue. ...,
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