LE PROBLtME DU PROGRtS XIV Les hommes par~isscnt avoir été org.misès en vue clc l'ég.\li1ê. P. JACOB\', Le civilisé trouve dans le civilisé un ennemi redoutable. Alors que le sauvage et le barbare semblent vouloir le bisser jouir de cette« paix perpctuellel) qui doublerait sa puissance économique et, par suite, son influence sur la Nature, !'Européen porte contre lui-même des armes qu'il s'efforce de rendre sans cesse plus meurtrières. Devons-nous nous en féliciter? Aucunement. La guerre est un flbu qui atteint l'homme, la richesse, la ciYilisation. Elle a enfanté des épidémies, préparé des famines, transformé en désert <lescontrées prospères et florissantes. Toutes les races humaines - sauf peut être la race noire - ont créé <les sociétés civilisces, bientôt démolies par la guerre. Qui nous fera croire que la destruction des civilisations de l'Égypte, de la Chaldce, de la Grèce, de l'Italie, du Pérou, du Mexique ... fut utile à l'Humanité? Fait ,\ noter, les apologistes de la guerre se font de plus en plus rares. En dehors <les porte-sabres, qui la vénère encore ?-Les sots. - Sans doute - et ceux ci sont toujours légions - mais nous croyons inutile de les interroger sur les grands problèmes sociaux qui passion nent l'élite intellectuelle de notre siècle. La guerre fut toujours un facteur de régression, de dégénérescence. Nul progrès organique ou social ne lui est dû. Le doute sur ce point ne nous semble pas possible. L'homme primitif s'est développé au sein d'une nature assurément fort clémente. La température de l'époque tertiaire était très douce et fort peu variable d'une saison à une autre. Les monstrueux saui:iens avaient depuis longtemps déjà abandonné la scène du monde. Les terribles fauves du quaternaire n'étaient pas encore les maitres des continents. Il est donc absurde de prétendre que la lutte contre les ours, lions, tigres, hyènes, etc., si ardente aux époques chellienne et moustérienne, a été favorable au développement physique et intellectuel de l'Homme. Si !'anthropopithèque de Thenay, par exemple, avait dô se battre avec les ancêtres de nos grands carnivores, il aurait été certainement vaincu. Sa race se fut éteinte bien avant l'aube du quaternaire.
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