La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

722 LA REVUE SOCIALISTE États-Unis, le continent noir est le thcàtre de massacres pour a111s1 dire quotidiens. Pour les autochtones, pas de sécurité, pas de justice. Voici, par exemple, comment sont traités les malheureux Congolais: « La justice est fort rapide, dit \'an Holsbeke, témoin oculaire et parfois auteur des faits qu'il relate. Dans sa seule et unique personne, on a vite forme le tribunal et rendu la sentence.» Il aurait pu ajouter: clic est aussi fort simple la justice(?) du civilisé. Quant à la sentence, elle ne varie guère non plus : neuf fois sur dix c'est la mort. Son Jo11r111tl e prouYe. En rnici quelques fragments: « Février 1893. Ici à Léopold ville, nous a\'ons quell1ues Be11galas, race de noirs intelligente et robuste mais anthropophage. Il y a quelques jours, un boy est mort : les Bengalas se sont empressés de le deterrer et de le manger. Ils ont été 11aturellcmcnt pendus haut et court. On entend par palabre la prise d'un \'ilbgc soule\·é. On arri\'c la nuit a trois heures; vous entrez dans le village, Yous Yous emparez du chef et des f<'.:- tiches, puis vous brûlez tout. Comme peines disciplinaires, on inflige aux nègres la chicotte et la chaine. La chicotte se compose d'une lanière de peau d'hippopotame; on leur en inflige de dix a cinquante coups par s<'.:ance;clic cingle; aussi en ont-ils peur. On met pendant un mois à deux ans des négres à la chaîne pour vol ou révolte. Pour tentative d'assassinat ou mc11aces contre un bLrnc, toujours la corde ou la balle. lvfai 1893. Au-dessous de la Nouvelle-Anvers, nous nous sommes arrêtés pour recruter des hommes. C'était un spectacle émouvant de voir les femmes pleurer le départ de leur père, de leur mari. Lorsque le steamer prit le large, plusieurs se jetaient à l'eau, voulant absolument accompagner les partants. Nous avons même dû user de violence; clics s'accrochaient au bateau. Voila de la fidélité au moins. 1-1-août 1893. Des porteurs fichent le camp; ceux qui restent tombent de fatigue, et si cc n'était la peur du revolver, ils n'avanceraient certainement plus. Nous ne trouvons que du manioc pour nos porteurs. Triste tableau que de voir les noirs épuisés, crevant la faim. Cette nuit des porteurs désertent encore; quelques-uns sont repris; on les fusille. Mars 1894. La femme constitue chez les Assenclés - comme chez toutes les tribus du reste- l'objet le plus important. Aussi, dans nos petites guerres, c'est la femme que nous recherchons; elle dévoile le refuge des fuyards et l'emplacement des provisions. Pour racheter leurs femmes, ils nous font toujours les plus grandes concessions; s'ils ne l'es reclament pas, elles nous sont d'une grande utilité pour le portage, les cultures et ensuite pour nos soldats auxquels nous les donnons ... en corvée. Notre marche sur Akka s'op<'.:rasans incident; quelques porteurs récalcitrants furent exécutés. Les porteurs commençaient à se ressentir de la fatigue. Quelques exécutions sommaires calmérent un peu nos porteurs, etc. >l Ces faits

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