La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

LE PROBLtME OU PROGRtS 721 sant aux faibles, aux inférieurs par conséquent, la possibilité de sur\'ivre et de se reproduire? Les guerres sont fréquentes sur les territoires occupés par les peuples sauvages et barbares. Où peut-on trouver moins de sécurité et moins de ressources? La chasse a l'homme et le cannibalisme encore pratiqués par nombre de primitifs ne sont point des instrumènts de progrès organique. Il en est de même des sacrifices humains, de la torture, de l'esclavage, etc., toujours en honneur chez les barbares. Quel fanatique du strugglefor life oserait soutenir que ces monstrueuses pratiques contribuent au perfectionnement des races chez lesquelles on les rencontre? L'l-fommc, sous toutes les latitudes, n·a point de plus implacable ennemi que l"Homme. j. RENGADE. Le civilisé ne voit pas dans le sauvage un être humain, un frère, un égal devant la Nature. Il le dépouille. Il le réduit en servitude ou il le tue. • W. Howitt dans son livre Colo11isatioent Christianisme (1838) déclare que : « les barbaries et les atrocités exécrables perpétrées par les races soi-disant chrétiennes, dans toutes les régions du monde et contre tous les peuples qu'elles ont pu subjuguer, n'ont de parallèle dans aucune autre ère de l'histoire universelle, chez aucune race si sauvage, si grossière, si impitoyable, si éhontée qu'elle fût. » Un volume ne suffirait pas pour énumérer les assassinats et les actes de brigandage commis par les Européens sur des populations adonnées à un genre de vie peu recommandable à coup sûr mais plutôt digne de compassion que de haine. « Les peuples sont simples et confiants quand nous arrivons, perfides quand nous les quittons, dit Ross. De sobres qu'ils étaient, nous les faisons ivrognes; de courageux, lâches; d'honnêtes gens, voleurs. Après leur avoir inoculé nos vices, ces vices mêmes nous servent d'argument pour les détruire.» En Océanie et dans les deux Amériques, les aborigènes ont été dépouillés de leurs terres, refoulés d!lns les régions montagneuses et stériles.' L'Afrique seule a fourni aux civilisés des millions d'esclaves. A~jourd'hui encore, quarante ans après l'abolition de la traite aux

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