La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

720 LA REVUE SOCIALISTE un ennemi presque invincible. Les maladies qu'il enfante sont terribles, en effet. Il nous suffira de citer parmi les plus meurtri<'.:res : le choléra, la peste, la fiévre jaune, la variole, le croup, les fiévres paludéennes, la fiévre typhoïde, etc. Longtemps la pauvre espéce humaine serYit de pâture aux ours, aux lions, aux tigres, aux hycnes, ... animaux redoutables qui peuplent encore quelques contrées peu habitées. Nos péres les ont vaincus. L'Homme a fait une guerre acharnée à tous les animaux. Aux uns, il a enlevé la liberté; aux autres, il a supprimé l'existence. Il s'est montré d'une férocité inutile- injustifiable - envers nombre d'especes absolument inoffensives. Il s'est plu à massacrer, a torturer même, des êtres pres desquels il eùt pu vivre en paix.« Des especes les plus douces, dit J. Michelet dans son livre la Mer, il a fait d'horribles carnages, les a ensauvagces et barbarisées pour toujours. Les anciennes relations s'accordent à dire qu'a nos premiéres approches, ils ne montraient que confiance et curiosité sympathique. On passait a travers les familles paisibles des lamantins et des phoques, qui se laissaient approcher. Les pingouins, les manchots suivaient le voyageur, ,profitaient du foyer, et, pendant la nuit, venaient se glisser sous l'habit des matelots .... Quand on faisait de la musique sur les barques, on ne manquait p:1s de voir venir la baleine; la jubarte spécialement se plaisait avec les hommes, venait tout autour jouer et folâtrer. » Comment l'Homme a répondu à ces témoignages d'affection, les récits des explorateurs nous l'indiquent. « Isolés, fugitifs, ces animaux n'ont maintenant que l'amour passager; ils sont tombés à l'état d'un misérable célibat, qui de p1us en plus est stérile. >> (Id.) Leur disparition n'est plus qu'une question de temps, - quelques siécles pour bon nombre d'espéces. Le monde devient chaque jour davantage l'œuvre de l'Homme. Il se recouvre d'animaux domestiques, les seuls bientôt dont le« roi de la Création » tolérera la présence. « Nous pouvons prévoir un temps où il n'y aura plus que des plantes et des animaux cultivés, >> a dit A.-R. Wallace. XII Homo homi11ilupus. HOBDES. Les armes redoutables que l'Homme s'e·st forgées pour vaincre la Nature, ne les a-t-il pas tournées sans cesse contre lui-même? Quel a été le résultat de ces luttes au sein desquelles les plus jeunes, les plus forts et les plus vaillants succombérent en masse, lais- , -

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