LA REVUE SOCIALISTE J paient ainsi dans l'espèce, avec les fonctions préhensibles et la sensibilité tactile des doigts, les facultés affectives a,·ec les instincts de famille et de sociabilité bien antérieurs:\ la fixation du type physique de l'homme. « L'espèce avait alors des ennemis puissants dans les grands sauriens cl surtout les lacertiens des :igcs secondaires, si puissamment armés, cl à la natation si rapide. Les amphibies anthropomorphes, probablement de petite taille, ne pouvaient lutter de vitesse avec de tels adversaires. Surpris au large, ils étaient infailliblement dévorés. Même sur les greves, ils étaient poursuivis par eux, et ne pouvaient leur échapper qu'en grimpant sur les falaises, pour chercher un refuge dans leurs anfractuosités et leurs grottes. Par là l'amphibie primitif devenait peu a peu un animal terrestre. « Sur la terre ferme, il ne de,·ait rencontrer que des adversaires moins nombreux et moins dangereux. Les carnivores n'étaient pas encore représentés parmi les mammifères de l'époque éocène; les genres qui parurent ;\ l'époque miocène étaient de petite taille. L'amphibie anthropomorphe eut ainsi deux époques géologiques presque entières de sécurité rclati,·c pour s'acclimater à ses nouvelles conditions de vie et acquérir la faculté de locomotion rapide qui de\'ait lui de,·enir né cessai rc pour se défendre et pour attaq ucr. « Du reste, dans son émigration des côtes marines vers l'intérieur des terres, il conserva ses mœurs sociales et ses instincts de famille. C'est par troupes qu'il pénétra dans les continents, d'abord en remontant les fleuves, qui lui offraient, bien qu'avec moins d'abondance, l'alimentation ichtyophage et carnassière à laquelle il était accoutumé. C'est surtout aux bords des lacs qu'on trouve ses traces. « Les silex découverts à Thenay (Eure-et-Loir), dans la vallée du Tage, en Portugal, et au Puy-Courcy (Cantal) attestent l'existence terrestre de l'Homme dès l' époq uc miocène. De la grandeur et de la forme de ses silex, il est permis d'induire qu'il était de petite taille. Ces silex n'étaient pas des armes pour la guerre contre des hommes ou même contre de grands animaux. C'étaient des outils. « La boîte crânienne, le fémur et la dent molaire trou\'és dans les dcpots pliocènes de Java sont les plus anciens fossiles que nous connaissions. Le fémur est bien humain, mais il a dû appartenir à un sujet de petite taille. Les analogies supposent qu'elle ne dépassait pas 1 m. 63. La molaire est, au contraire, toute simienne, et très volumineuse relativement au crâne. Celui-ci, qui, par tous ses caractères, rappelle en plus petit le fameux crâne quaternaire de Ncanderthal, dans la vallée Je la Meuse, est intermédiaire, par la capacité, entre les plus petits crânes humains et les plus grands crânes de singes. Les plus grands ccrYcaux simiens ne dépassant pas 600 centimètres cubes, celle du
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