La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

, .... ( LE PROBLÈME DU PROGRÈS Habitait-il la terre ferme comme la plupart des mammifères actuels? Nous n'osons l'affirmer. Jusqu'à ces derniers temps, tous les naturalistes ont cherché sur les continents le berceau de l'espèce humaine. Leurs recherches ont été infructueuses. C. Royer assigne au père de l'Homme et des anthropoïdes une autre patrie : l'océan. L'ancêtre commun de l'Homme et des grands singes, serait un mammifère amphibie. Cette hypothèse, née d'hier, et par conséquent peu connue encore, nous semble mériter un sérieux examen. Aussi, allons-nous la résumer d'après une étude de l'auteur précité. « L'ancêtre commun de l'homme et des grands singes anthropoïdes était un animal amphibie, ayant déjà toute l'organisation interne des mammifères, avec deux paires de membres anatomiquement identiques à ses membres actuels, mais adaptés à la natation par la palmure de leurs cinq doigts, qui subsiste encore chez le fœtus humain jusqu'à une période avancée de son évolution intra-utérine. Les ongles de ses quatre extrémités étaient recourbés et formaient griffe. Il avait une chevçlure abondante et ses oreilles, en cornet, étaient mobiles. Ses membres inférieurs, plus longs que les antérieurs, rendaient la natation rapide en suppléant, comme gouvernail, à la queue absente. Sur les sables ou les rochers des grèves où il venait dormir, se nourrir, s'ébattre et frayer, il progressait en sautant ou en marchant lentement, presque en rampant, comme les batraciens anoures. Mais il grimpait facilement sur les rochers en s'accrochant de ses griffes à Jeurs aspérités. C'est ainsi que ses mains devinrent préhensibles et ses pouces opposables. En même temps, par cet exercice, il se préparait à la marche bipède en adaptant exclusivement à la préhension ses mains qui devenaient un organe tactile. Car il s'en servait déjà pour saisir les poissons, les crustacés, les mollusques, les œufs de tortues et d'oiseaux dont il se nourrissait et pour ouvrir leur test, leur carapace ou leur coquille. C'était encore un animal androgyne, mais peut-être déjà incomplet. Possédant de doubles ,organes sexuels, il était impuissant à se féconder lui-même. La fécondation était réciproque. « Les ancêtres amphibies de l'homme vivaient par troupes nombreuses, comme les phoques actuels, dont ils avaient à peu près la tête et le cerveau, comme eux prenant leurs ébats à la basse mer sur les grèves, y allaitant leurs petits, les accoutumant à chercher leur nourriture ou la recueillant pour eux, leu~ ouvrant les valves des mollusques et leur offrant la chair des crustacés, débarrassée de son test, pour la rendre accessible à leur faible dentition de lait. Ces mœurs dévelop-

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