La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

L'EXTENSION UNIVERSITAIRE 7 II chancelier et à deux proctors, et se garde de choisir ceux-ci en dehors des vingt et un membres du conseil également nommé par les fellows. De plus, l'Université étant une fédération de collèges autonomes (il y en a dix-sept, présentement, à Cambridge, et vingt-quatre à Oxford), les fellows de chaque collège désignent, chaque année, celui'- d'entre eux qui remplira les fonctions de principal. Et aucune de ces diverses élections n'est soumise à la ratification gouvernementale.' L'Université peut à son gré augmenter le nombre des collèges qui la composent, et chacun de ceux-ci, s'adjoindre telle chaire nouvelle, ou s'amputer de tel cours. Le collège modifie en toute liberté son personnel, chaque fello,v ayant été agréé directement par ses futurs collègues, après examen passé devant ceux-ci. Enfin il est seul juge de la méthode et de l'esprit de son enseignement. Que M. Bull appartienne au culte anglican, ou au catholique, ou au presbytérien, ou au méthodiste, ou qu'il n'en suive aucun; qu'il professe le spiritualisme pur, ou le matérialisme, ou le dynamisme; qu'il soit enfin des whigs ou des tories, il est toujours assuré de trouver pour son fils, dans la première Université venue, le collège dont l'enseignement corresponde à sa foi, à ses convictions, à ses opinions. A part cela, le cas est fréquent, d'un collège admettant à professer dans son sein quelque hétérodoxe. Jamais, par exemple, il ne viendrait à l'idée d'un Anglais de s'enquérir des opinions politiques d'un météorologiste, ou des convictions philosophiques d'un géomètre. C'est pourquoi un ancien membre de la Comi1rnne a pu longtemps occuper une chaire à Édinburgh, - de même, du reste, qu'un autre socialiste français enseigne à Lausanne, les Universités helvétiques étant autonomes comme les britanniques et les allemandes. Pour ce qui est de l'organisation intime, le principal la maintient ou l'amende selon les vœux des fellows, et nul employé de ministère ne s'y doit immiscer. Et quant aux programmes, il est évident que tel collége est voué à peu près exclusivem~nt à l'enseignement des sciences, tel autre à celui du droit, un troisième à celui de la médecine, un quatrième à celui des lettres; mais il en est qui comprennent à la fois deux de ces branches, ou trois, ou toutes les quatre, en y ajoutant au besoin la théologie selon l'une des quatre grandes confessio.ns locales. Certains collèges correspondent donc à nos Facultés, et certains jouent le rôle complet de nos Universités ; et s'il se trouve côte à côte trois collèges de médecine par exemple, c'est que dans celui-ci les professeurs sont allopathes, dans celui-là, homœopathes, et ailleurs, éclectiques. Rien ne -r.ésume le caractèrè d'Oxford, de Cambridge, de leurs' sœurs cadettes, mieux que ces mots, écrits par Montalembert en 1856 : « L'indépendance la plus absolue à l'encontre du pouvoir,

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==