L'EXTENSION UNIVERSITAIRE facilité qui n'a c.l'égale que chez les Néerlandais, et clic lit énormément. L'Université de Helsingfors, absolument autonome, est l'une des plus riches et des mieux organisées du monde. Ses professeurs ont embrigadé tous les hommes cultivés, toutes les femmes aussi ( 1), cn d'innombrables associations quï' multiplient les conférences gratuites du soir sur des matières d'enseignement supérieur. Il en va de même dans la patrie de Nordenskjœld, d'Andrée, et du grand littérateur et grand chimiste Strindberg, et dans celle d'Ibsen, de Bjœrnson, et de Nansen. Nous n'avons rencontré, jusqu'à présent, que des types incomplets d'extension universitaire. En Norvcge, en Suédc, en Finlande, grâce à des conditions locales exceptionnellement favorables, on peut ne s'occuper que de vulgarisation du degré le plus elevé; en Autriche et en Allemagne, l'instruction secondaire est seule visée. Daus ce dernier pays, on donne parallèlement des conférences et des cours; en Autriche, dans la péninsule sc;:ndinave, à Hclsingfors, on s'en tient aux leçons isolées. La synthèse n'existe encore que chez John Bull et chez l'oncle Sam. C'est du reste en Angleterre qu'a été concue, baptisée, et pour la première fois réalisée, l'extension universitaire. Il n'y a aucun rapport à établir entre ces foyers de haute culture qui ont nom: Cambridge et ~ford (2), et les étranges établissements que nous appelons fièrement nos Universités, et il faudra bien de la décentralisation administrative pour que les corps de Facultés de Paris, de Nancy, de Montpellier et d'ailleurs, rivalisent seulement avec les « arsenaux intellectuels )> de l'Allemagne, lesquels, si merveilleusement outillés qu'ils soient, ne valent certes pas les << docks à idées» de la Grande-Bretagne. Napoléon a voulu que les pédagogues fussent des fonctionnaires comme tout le monde en son empire. Et cette césarienne réglementation de la pensée, notre atavisme latin y a trouvé son compte, au point que, non seulement c'est tout vibrants encore de 93 que nous l'avons admise, mais que maintenant encore, après un siècle au cours duquel on lui a cependant livré de rudes assauts, c'est pour nous une grosse affaire que de nous en débarrasser. (1) La coéducation des sexes est dans les mœurs depuis deux siècles, et la femme vote aux élections municipales. (2) Voir: Max Leclerc: L'Éd11calio1d1es Clams moyen11est dirigea11tems A11gleterre (2• éd., 1898); id. : Les Proftssio11est la Societée11A11gleterre (1894); Pierre de Coubertin : L'Éd11calio1e1n A11gleterre,Collègeset V11iversilés (1888); F. Prat: Oxford (dans les Études Religieum, Pbilosopbiq11es, etc., de mai, ao(1t et novembre 1892); Madan : Oxford (dans le tome XVIII de l'E11cyclop.zdicBaritan11ica, 3• éd.); Arnold : Cambridge (dans le tome IV de la même); Mullinger : A Sbort Hislory of the University of Cambridg, 1888); Fyffe : Tb, U11iversities (dans le tome II de The Reig11of the Qum, Victoria, 1897).
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