La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE detraquement physiologique a pour conséquence directe et immédiate une déséq uilibration mentale et morale. Heureusement, ces manceuvres n'ont_ pas encore gagné la partie laborieuse des populations, car l'eunuchisme féminin, s'il atteignait seulement la proportion d'un centième, serait plus dangereux pour notre Occident civilisé que l'eunuchisme masculin ne l'est pour le torpide Orient. Comment donc déterminer le couple de l'avenir à ne pas s'enfermer dans l'égoïsme à deux? D'abord en lui montrant les dangers que courent les femmes à vouloir s'opposer à la nature. Le propre de la civilisation n'est pas de violenter la nature et d'agir contre ses directions, mais de la connaître afin de la mieux utiliser. Parrpi les lois naturelles, celle qu'on ne peut éluder est sans conteste la reproduction de l'espèce. La mentalité, le caractère, la santé d'une femme stérile sont de beaucoup inférieurs à ceux de la femme normale. Les prétextes d'hygiène qui recouvrent trop souvent de préventifs avortements n'ont pas, en réalité, amélioré la santé des femmes et l'on pourrait certainement, si une statistique était possible, établir une relation très directe entre la très grande quantité de femmes frappées dans leur sexe par la maladie et le mouvement de dépopulation. Mais on sortira de l'état de demi-conscience ou l'on est, et si l'on continuera de limiter volontairement le nombre des enfants, on le fera sans aller jusqu'a la stérilité, et l'idée de salut individuel, suggérée par la science, conduira à la notion du salut social. Mais cette idée, à elle seule, serait insuffisante ou risquerait de se fixer trop tardivement dans le cerveau collectif, si, dès a présent, on ne démontrait à tous que, dans l'avenir encore plus qu'aujourd'hui, la prospérité de chacun dépendra étroitement de la prospérité commune et que nul ne pourra nuire à l'ensemble social sans danger pour soi-même. A la procréation inconsciente et dl-réglée des enfants, que la nature et l'organisation sociale se chargeaient de limiter par une mortalité prématurée, succède une réglementation individuelle des naissances inspirée par la prévoyance personnelle et le désir individuel de jouir de la vie. A cette réglementation individuelle, partiellement consciente, succédera une réglementation complètement consciente ou le point de vue individuel sera rectifié par la science et harmonisé au point de vue social. Ainsi s'établira l'équilibre heureux des fonctions et des jouissances, des droits et des devoirs, pour assurer la continuité de l'espèce, déterminée par sa seule volonté enfin éclairée sur ses conditions d'être et de devenir. D'une part, le couple familial saura que le vrai bonheur consiste dans la vie affective complète, et qu'elle n'est pleinement satisfaite que quand on se voit revivre dans les petits êtres qu'on a appelés à la vie dans la joie de l'amour, volontairement et consciemment, avec la certitude de leur assurer les biens dont on

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