LA FAMILLEIDtALE ment nuisibles qu'elles entraînent, de hâter le mouvement de transformation économique et sociale prévu et formulé par le socialisme. De plus, il serait souverainement injuste, et d'ailleurs absolument ridi-_ cule de crier aux gens qui sont parvenus à la notion du lendemain et en ont une légitime teneur : « Faites des enfants. » Ils auraient trop beau jeu à répondre : « Les nourrirez-vous?» Au lieu de recommander aux prévoyants une plus abondante procréation, ceux qui ont une action sur le public feraient mieux de moins prêcher et d'agir davantage. Les imprévoyants sont encore, en France aussi bien que dans les autres pays d'Eurepe, en tres grand nombre. C'est surtout dans les métiers de force-, peu rétribués, qu'on ies rencontre. Parmi eux, la procréation est abondante, mais la mortalité infantile y est à un chiffre si élevé qu'en somme le jeu cruel des forces économiques et sociales y fait la même œuvre de dépopulation que là ou la limitation des enfants est volontaire. Il y a, en France, dans cette portion la plus malheureuse et la plus prolifique de la classe ouvriére, plus de cent mille enfants à sauver par an. Qu'on les sauve, par une hygiène mieux entendue, par de sérieuses mesures sociales d'assistance; cela vaudra mieux que de prêcher inutilement contre la dépopulatio!1. L'individualisme social produit nécessairement l'individualisme moral, et si une transformation sociale ne devait pas amener une profonde réforme de nos mœurs la dépopulation pourrait être le péril, non du présent, mais de l'avenir. Ce n'est pas seulement parce qu'ils craignent de vouer leur descendance au malheur, que des époux, en notre temps, répugnent i la procréation, mais pour un motif plus immédiat et plus égoïste. L'enfant gêne leurs amours, entrave leurs plaisirs. De plus en plus, on veut vivre pour soi; tirer de la vie tout ce qu'elle peut donner de joies et rejeter des charges qu'elle impose tout ce qu'on en peut rejeter sans tomber sous le coup des lois ou la censure de l'opinion. Or, nulle loi ne contraint de faire des enfants, et l'opïnion devient singuliérement indulgente aux ménages qui déclarent ne pas aimer les enfants, et le prouvent en demeurant stériles. C'est précisément parmi les femmes émancipées ou en_ voie d'émancipation, plus complétement initiées que les autres aux plaisirs physiques de l'amour, que se généralise cette pratique. En elles la mére se sacrifie à l'amante, et de la maternité elles ne voient que les douleurs et les soucis. Il est fait grand bruit, ces temps-ci, des charcutages antisociaux, antfhumains, auxquels se soumettent des femmes qui n'ont point l'e.xcuse de la maladie, et -par lesquels elles sont stérilisées. Ces abominables pratiques sont en train de se substituer a l'avortement, si l'on n'y prend garde. Or., physiologiquement, elles sont aussi dangereuses, sinon davantage. Ce n'est pas impunément que la femme peut renoncer à une de ses fonctions essentielles, et tout ,
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