ANALYSE DU TROISIÈME LIVRE DU « CAPITAL» DE MARX 67 triple pour donner de l'occupation au nombre actuel d'ouvriers; il devrait être sextuplé pour occuper un nombre double d'ouvriers. Ainsi se développe la possibilité d'une population ouvriére relative- 'ment superflue, et cela, non pas parce que la productivité du travail décroît, mais parce qu'elle croît ». Mais cette surpopulation n'est qu'apparente; car le capital total du pays, sa richesse grandit sans cesse, et serait plus que suffisante pour occuper et nourrir toute la population, même accrue. Plus loin Marx pa_sseen revue les causes qui contrarient plus ou moins cette tendance du taux de profit a la baisse. Ce sont, d'après l'auteur: 1) la hausse du degré d'exploitation du travail (introduction du travail des femmes et des enfants, prolongation de la journée de travail, etc.); 2) la réduction du salaire au-dessous de sa valeur; 3) la diminution de prix des divers él'érnents du capital constant; 4) la surpopulation relative; 5) lt! commerce extérieur, et 6) l'augmentation des capitaux par actions. Quoique la loi de la tendance a la baisse du taux de profit reste toujours prépondérante, cette baisse relative est grandement couverte par l'accroissement de toute la somme du profit. Cette même loi (de la tendance a la baisse du taux de profit) comporte des contradictions internes. Examinons-les de plus près. La baisse graduelle du taux de profit moyen est étroitement liée a l'accumulation grandissante du capital : ces deux phénomènes n'étant que « des expressions différentes du même processus et l'un et l'autre exprimant le développement de la force productive du travail » (1). L'accumulation du capital prépare le terrain pour la centralisation en grand des travaux et pour une forme supérieure du capital; elle devient ainsi la cause de la baisse du taux de profit. D'autre part la baisse du taux de profit accélère la ce'ntralisation des capitaux en anéantissant les petites entreprises et en faisant disparaitre les derniers producteurs directs; il s'ensuit_que l'accumulation s'agrandit encore, quoique son taux baisse en même temps que le taux du profit. Le profit est le stimulant direct de la production capitalistique, sa baisse ralentit la formation de nouveaux capitaux indépendants et peut même empêcher le développement ultérieur de ce moyen de production. C'est pourquoi les économistes se sont -toujours alarmés de la baisse du taux de profit. Puis considérant la production capitaliste comme la seule possible et s'apercevant en même temps que ce moyen de production rencontre des limites, ils en ont conclu qu'il en était ainsi dans la nature même des choses. Marx soutient que ces entraves dans le développement constant de la production sont dues au capitalisme lui-même et qu'a un certain (1) Capital, 1. III, p. 186.
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