68 LA REVUE ·SOCIALISTE degré cc dernier trou,-e des obstacles, des limites .'tsa marche progressive. Cela prouYe une fois de plus le caraclérc incomplet de cc mode de production; cela prou,·c aussi que cc dernier n'est qu'une phase historique, passagcrc, et 11011 point absolue ou immuable. La production capit:distiquc n'a qu'un seul but: c'est de produire de la plus-value. Des que tout le surplus de travail qu'on a pu tirer se trouve transformé en marchandises, la plus-value est produite, l'exploitation de l'ouvrier a eu lieu. Mais pour en jouir le capitaliste doit réaliser en cspcces cette plus-value par la YCntc de la marchandise produite. Cette vente doit avoir lieu coôtc que coùtc, autrement non seulement le capitaliste ne gagnerait rien, mais encore il y perdrait son capital. Cette vente dépend de la faculté d'acheter de la population. Avec le dé,,eloppemcnt de la production et la hausse de la productivitc du traYail la quantitc absolue de la plus-value produite Yacroissant. 11ais qu'en est-il de la \'ente? La consommation de la plus grande partie de la population des ouHicrs, leur faculté <l'achat reste la même ou à peu prés, étant limitée dans la sociétc capitaliste :nt strict nécessaire. Ainsi la demande de marchandises dont tout le monde a besoin peut être faible par défaut de moyens d'achat. On cherche à tourner la difficulté en élargissant le marché extérieur, néanmoins une surproduction a lieu périodiquement et une crise cclatc. « Les crises ne sont que des solutions fortuites et forcées des conditions existantes, cc sont des éruptions forcées qui rétabl isscnt pour un moment l'équilibre troublé », dit Marx. 1!ais plus la force productive se développe, plus aussi ~Ile se trouyc en contradiction aYcc la base étroite sur laquelle les conditions de la consommation sont fondées. « On ne produit pas des moyens de subsistance au delà de ce qui est nécessaire à la population existante, dit l'auteur. On en produit trop peu pour la satisfaction décente et humaine de la masse de la population. )) « On ne crée pas plus de moyens de production qu'il n'en faudrait pour occuper la partie de L1 population apte au travail. Au contraire» (1). Cette surproduction périodique exprime donc simplement cc fait .\ sa,·oir qu'on a créé trop de moyens de production et de moyens de subsistance pour q·u'ils puissent Ir 1111certai11taux de profit être employés à l'exploitation du travail. Elle montre qu'on a produit trop de marchandises pour que la valeur y contenue puisse être transformée de nouYeau en capital. 11arx démontre aussi qu'une certaine· surproduction du capital peut trcs bien être accompagnée d'une surpopulation plus ou moins grande. Cette surpopulation n'est sans doute qu'apparente et relative. (1) Capital, 1. li!, p. 201.
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