La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

66 LA REVUE SOCIALISTE à Marx n'ont pas pu l'expliquer, quoiqu'ils aient d'ailleurs remarqué ce phénomène. « C'est un mystère, dit Marx, que l'économie politique - en commençant par Ad. Smith - a vainement essayé de dévoiler, et les divergences existant entre les écoles reposent sur la diversité des solutions relatiYes à ce problème» (1). En même temps que le taux du profit baisse, le capital minimum que tout capitaliste doit posséder pour l'emploi productif du travail doit augmenter. Le capital s'accroît constamment; en rcalité le capital variable s'accroît en même temps que k capital constant, mais d'une façon beaucoup plus lente : tandis que, par exemple, le capital constant s'augmente de IOO pour 100, le capital variable ne s'accroit que de IO pour 100. C'est pourquoi le résultat indiqué plus haut, c'est-à-dire la baisse du taux de profit, ne change pas. Mais il serait tout:\ fait erroné de croire que cette baisse du taux de profit se fasse dans l'intérêt de l'ounier et que cc dernier soit de moins en moins exploité au cours du développement capitalistique. Il en est malheureusement tout autrement : l'exploitation de l'ouvrier loin de diminuer ne fait que grandir sans cesse. En effet, la baisse du capital variable et la hausse du capital co~1stant ne sont que l'expression d'une constitution plus haute du capital, c'est-à-dire d'une plus haute productivité du tra\'ail. Grâce à cette <lernicre la quantile des produits va toujours en augmentant, mais de leur abondance cc n'est toujours que la part minima qui revient aux ouvriers; car la loi du salaire - qui ne donne à l'ouvrier que le strict nécessaire - subsiste immuablement. « Le même déYeloppement de la force productive du travail au cours de l'évolution de L1production capitalisque, dit Marx, s'exprime par la tendance à la baisse progressive du taux de profit, d'une part, et dans l'accroissement constant, d'autre part, de la quantité absolue de la plus-nlue accaparée ou du profit; de même en général la diminution relative du capital variable et du profit correspond à l'augmentation absolue de tous les deux» (2). Comme on l'a dit déjà plus· haut, dans le coms du développement capitalistique une quantité de capital toujours plus grande est exigée pour occuper la même force de travail. Il en· faut une plus grande encore pour une force de travail croissante. Il en resultc que la force productive grandissante, vu les conditions capitalistiques de la production, amène inévitablernent un surplus apparent de la population ouvrière. Si le capital variable ne constitue qu'un sixicme du capital total au lieu d'une moitié comme auparavant, tl faudrait un capital (1) Capital, 1. III, p. 162. (2) Id., 1. III, p. 170.

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