La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

LE CONGRÈS INTERNATIONAL D'HYGIÈNE DE MADRID 687 successivement, a111s1que cela se voit dans beaucoup d'empoisonnements chroniques; elle peut les frapper conjointement, mais dans une mesure inégale. En ce cas, il peut y avoir intérêt à rechercher dans quelle dépendance sont, les unes par rapport aux autres, les lésions centrales et les lésions périphériques. Nous voici à point maintenant pour saisir toute la portée de la communication que firent au Congrès de Madrid, MM. Roux et Borel. Ils ont cherché à atteindre la cellule nerveuse et à agir sur elle dans différentes régions cérebrales. Devant eux le champ est ouvert désormais, et un champ d'une inouïe fertilité. MM. Roux et Borel ont étudié d'abord la maladie tétanique obtenue lorsqu'on inocule directement la toxine tétanique dans l'écorce cérébrale des animaux sensibles. Ils décrivent sous le nom de téta11ocsérebral une maladie trés spéciale caractérisée par des phénomènes d'excitation, des crises convulsives épileptiformes, des troubles moteurs, de la polyurie, ... etc, ... symptômes dus à ce que la toxine touchetel ou tel département encépbnlique. Cette maladie tétanique est différente du tétanos ordinaire, elle n'en est pas moins spécifique. CeS' ,tuteurs ont ensuite étudié le tétanoscérébral chez des animaux immunisés. Ils ont vu qu'un animal immunise par l'injection de sérum sous la peau n'est pas immunisé contre le tétanos cérébral. D'où la conclusion que l'antitoxine injectée sous la peau n'atteint pas les cellules nerveuses et ne les protège pas directement. Il en est de même lorsque dans un but thérapeutique, on injecte du sérum a un animal qui présente déja des phénomènes tétaniques, qui a déjà de la toxine dans la substance nerveuse. Le sérum ne va pas aux cellules nerveuses, et la toxine peut continuer ses effets mortels à l'abri de l'antitoxine. Cela explique les échecs subis dans le traitement du tétanos déclaré par l'antitoxine. MM. Roux et Borel ont alors essayé de porter directement l'antitoxine dans la substance cérébrale et ils ont pu guérir des animaux alors que la maladie était déjà déclarée depuis plusieurs heures; à un moment où l'injection de doses massives sous la peau ne donne aucun résultat, de petites doses de sérum suffisent. Les recherches de MM. Roux et Borel, sur le tétanoscérébral, ont permis d'établir que chez un animal in1munisé (passivement ou ;ctivement) les cellules nerveuses ne sont pas elles-mêmes immunisées. L'animal immunisé qui résiste à l'inoculation de doses massives de toxine sous la peau, meurt si on lui inocule la dose minimale dans le cerveau. L'immunité n'est donc pas due-à une propriété nouvelle des cellules nerveuses. Cette contribution a l'étude de la vie pathologique de la cellule I /

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