686 LA REVUE SOCIALISTE développements étendus, et nous pensons qu'elles doivent être réservées en raison de leur importance pour une étude spéciale. Nous avons noté cependant que durant les épisodes aigus des diathèses, ces psychoses revêtaient elles aussi le type du délire aigu toxique, pseudoalco01ique et que, dans l'intervalle, elles se manifestaient fréquemment sous forme soit de paralysie générale, soit de folie par accès plus ou moins périodiques, et presque toujours à caractère mélancolique. Nous avons également noté que ces accès de folie paraissaient correspondre à des variations de composition des liquides de l'organisme, notamment à des décharges d'acide urique précurseurs fréquents de la fin de la crise, et aussi à des modifications de la toxicité urinaire qui s'y montre le plus souvent supérieure à la normale. Le traitement auto-infectieux, antiseptique général ou local, et c'est là un argument puissant en faveur des toxines des folies que nous étudions, en même temps que c'en est la conséquence pratique, donne souvent ici d'excelcellents résultats. Bien qu'on ne puisse pas encore formuler à cet égard une thérapeutique définitive, les faits sont néanmoins déjà assez nombreux pour établir que, dans les folies infectieuses ou auto-toxiques, c'est au traitement de l'infection ou de l'auto-intoxication qu'il faut surtout s'adresser pour combattre et guérir le trouble mental. Dans ses belles leçons sur les polynévrites, M. le professeur Raymond se place au même point de vue : L'action délétère que les poisons exercent sur le système nerveux et sur d'autres appareils résulte, en dernière analyse, des modifications que les substances toxiques impriment aux élé111wtcsellulaires de nos tissus et à leurs dérivés, les fibres. Or, une notion fondamentale, dont vous ne sauriez trop vous pénétrer, car elle domine en quelque sorte nos connaissances en toxicologie, est celle de l'électivité d'action, que les toxiques manifestent pour les divers systèmes anatomiques et fonctionnels. Il existe, à n'en pas douter, une affinité mystérieuseentre 1111 toxiquedétermi11eét certainescatégoriesd'élé111enatsnatomiques. Nous savons, par exemple, que l'action toxique du phosphore s'exerce d'une façon élective sur les cellules glandulaires du foie et des reins, celle de l'oxyde de carbone sur les globules rouges du sang, celle du seigle ergoté sur les cordons postérieurs de la moelle, celle du curare sur les terminaisons des nerfs moteurs dans les muscles, celle de la vératrine sur les fibres musculaires, etc., etc. li y a là quelque chose de comparable à ce que nous savons des matières colorantes employées pour les besoins de l'histologie. Ces matières colorantes manifestent une affinité élective pour certains éléments anatomiques d'un tissu et même pour certaines parties constituantes d'un même élément anatomique. Vous n'ignorez pas, je suppose, que le bleu de méthylène colore exclusivement le cylindre-axe de la fibre nerveuse vivante. Quand l'action d'un toxique s'exerce dans une mesure prépondérante sur le système nerveux, elle peut, en apparence, du moins, atteindre d'une façon exclusive, soit les centres nerveux, soit les organes périphériques, nerfs ou muscles. Elle peut frapper ces différentes parties de l'appareil nervo-moteur
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