LA REVUE SOCIALISTE * * * Le principal malheurdu peuple, d'ou s'engendrentet se propagent et se perpétuent les maladies, c'est le manque des ressources nécessaires à la vie. * * * Les pauvres n'ont jamais reconnu et ne reconnaîtront jamais qu'il soit juste de permettre aux uns de faire continuellement la fête et aux autres de jeûner et de peiner sans cesse. * * * Avant de donner au peuple des prêtres, des soldats, des juges, <lesmédecins, des professeurs, il faudrait savoir s'il ne meurt pas de faim. * * * La cause de la misère économique de notre temps, c'est ce que les Anglais appellent « over-production », la surproduction, quand on fabrique en quantité excessive des objets qu'on ne sait ou placer et dont personne n'a besoin. * * * L'ouvrier de notre époque, si même son travail était moins pénible que celui de l'esclave antique, si même il obtenait la journée de huit heures et le salaire de quinze francs par jour, ne cesserait pas de souffrir, parce que, en fabriquant des objets dont il n'aura pas la jouissance, il travaille non pas pour lui et Yolontairement, mais par nécessité, pour la satisfaction des riches et des oisifs, et au profit d'un seul capitaliste (possesseur de fabrique ou d'usine). * * * Un fabricant est un homme dont les revenus sont composés du salaire extorqué aux ouvriers, et dont toute l'action est basée sur un travail forcé et anormal qui use des générations entières. Cet homme, ce dur possesseur d'esclaves, après avoir construit, pour les ouvriers estropiés dans sa fabrique, des maisonnettes avec jardinets de deux mètres, et une caisse de retraites, et un hôpital, est absolument sûr• qu'il a par ses sacrifices, payé et au dela des vies humaines qu'il a rui-
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