PENSÉESDE TOLSTOI 677 nées physiquement et moralement, et il continue à vivre tranquille, fier de son œuvre. * * * Un propriétaire foncier, qu'il soit russe, français, anglais, allemand ou américain, existe par les droits, qu'il préléve sur les hommes qui vivent sur la terre pour la plupart misérables et à qui il prend tout ce qu'il peut. Son droit de propriété repose sur cette circonstance qu'à chaque tentative des opprimés de jouir sans son consentement de la terre qu'il croit sienne, arrivent des troupes qui les soumettent à toutes sortes de violences. L'homme qui vit ainsi est un être méchant, égoïste et ne peut nullement se considérer comme chrétien ou libéral. * * * Ceux qui n'ont pas beaucoup réfléchi sur les rapports entre les riches et les pauvres pensent ordinairement que, si les riches donnaient ou étaient forcés de donner une partie de leur richesse aux pauvres, tout irait parfaitement bien. Mais c'est une grande erreur. Ce qui est surtout important, c'est la répartition du bien. * * * Si l'on veut secourir les hommes, il faut, avant tout, cesser Je les· exploiter. * * * C'est la campagne (la terre) qui est la source de toutes les richesses. * * * La plus grande considération appartient non pas à celui qui accumule des richesses pour lui-même au détriment des autres et a le plus de serviteurs, mais.à celui qui sert le plus aux autres. * * * Partage ce que tu as avec les autres, n'accumule pas de richesses, ne t'enorgueillis pas, ne vole pas, ne fais pas souffrir, ne tue pas, ne fais p·as aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fit, tout cela a été dit, non pas il y a dix-huit cents ans, mais cinq mille ans, et il ne pourrait y avoir de doute sur la vérité de cette loi si l'hypocrisie n'existait pas. ÛSSIP-LOURIÉ.
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