La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE à la grandeur de son capital par rapport au capital social total : chaque capital, quelle que soit sa constitution, obtient pour cent francs dépensés autant de profit qu'il en revient durant le même temps pour cent francs dépensés du capital social total. « Pour autant qu'il s'agit du profit, dit Marx, les différents capitaux jouent le rôle des actionnaires d'une société par actions quelconque, dans laquelle le profit est distribué uniformément pour chaque centaine; c'est pourquoi les capitalistes isolés ne diffèrent entre eux que par la grandeur du capital mis par chacun au service de l'entreprise com• mune, que par le nombre plus ou moins grand d'actions prises » (1). Pour plus de clarté nous pourrions prendre comme exemple, au • lieu d'une société par actions, un seul capitaliste ayant plusieurs capitaux de constitutions differentes et placés dans des branches • diverses d'industrie. Chacun des capitaux produira évidemment une quantité différente de plus-value. Prenons I 5 unités pour le premier capital, 2 5 pour le second et 35 pour le troisième, en tout 7 5. Quel sera le prix auquel notre capitaliste vendra ses marchandises? Or, le prix auquel il vend chacun des produits est absolument indifférent au capitaliste, qui ne produit que pour obtenir la plus-value, pourvu que la somme de cette dernière ne change pas. Le capitaliste peut donc, si cela lui paraît plus commode pour la vente, distribuer la plus-value totale en proportion égale entrè les trois branches productives, il tirera donc une moyenne ( 15 + 2 ; + 35 = 7; = 25) de 25 unités qu'il fera entrer dans le prix de vente de sa marchandise. En appliquant ce profit moyen de 2 5 à la partie du ·capital constant usé et au capital variable, nous obtenons le prix deproduction. Le capitaliste ne s'inquiète pas de la façon dont il vend ses produits, si c'est scion leur valeur, ou selon leur prix de production, pourvu qu'il obtienne la même plus-value des 75 unitls. Il accepte cette dernière manière, parce que le marché exige que tous les capitaux donnent le même taux de profit (25). C'est ainsi que se fait la transformation des valeurs en prix de production. Ce ne sera donc que l'effet du hasard, si la plus-value réellement produite dans une branche de la production, c'est-à-dire le profit de cette branche, coïncide avec le profif contenu dans le prix de vente de la marchandise. La quantité de la plus-value produite dans une certaine branche de la production n'a donc d'importance que par rapport à la constitution du produit moyen sur le capital social, par conséquent par rapport à toute la classe des capitalistes prise dans son ensemble. (1) Capititl, I. III, p. u4.

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