La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

ANALYSE DU TROISIÈME LIVRE DU « CAPITAL» DE MARX 63 :tion qui cgalisent les taux de profit dans les diverses branches productives. Cela exige un plus haut degré de dcvcloppemcnt capitalistiq ue que l'cgalisation du prix du marche et du profit dans les .limites d'une seule branche. Les capitaux dans lesquels la part constante est plus grande que ·la part variable, par rapport à la constitution du capital social moyen, produisent moins de valeur et partant relativement moins de plusvalue et vice-versa. -Mais une partie des capitaux employés dans certaines branches de la production ont cette constitution moyenne, c'est-à-dire que leur constitution coïncide plus ou moins parfaitement avec la constitution du capital social moyen. Dans ces branches de la production, les prix de production des marchandises coïncident tout à fait ou à peu près avec leur valeur exprimce en argent et le profit avec la plus-value produite. Tous les autres capitaux, quelle que soit leur constitution, tendent sous la pression de la concurrence à s'y conformer, de sorte que les prix de production de chaque branche se forment d'après les ·prix de production d'une branche de constitution moyenne. Tous les capitaux, quelle que soit la plus-value produite par eux, tendent donc, à l'aide des prix de leurs marchandises, à réaliser non pas la plus- ·yalue qu'ils ont pr?duite eux-mêmes, mais un profit moyen, c'està-dire qu'ils tendent à réaliser le prix de production. Le taux de profit est donc le même pour toutes les branches de la production, notamment il se conforme à celui d'une branche à constitution moyenne du capital mis en jeu. « C'est pourquoi, du Marx, la somme des profits des différentes branches de la production doit être égale à la somme de la plus-value, et la somme des prix de production du produit social total - à la somme de sa valeur » ( I ). Les capitalistes des différentes branches de la production réalisc1{t dans la vente de leurs marchandises, avant tout, les dépenses faites - -Je coût de production. Ces dépenses doivent être couvertes coùte que coûte; sans cela ils perdraient une part de leur capital. En plus de ces frais de production, la marchandise contient encore la plus-value. Cette dernière est aussi réalisée dans la vente, mais il importe avant tout au capitaliste d'obtenir comme plus-value autant et même plus que les autres entrepreneurs. C'est pourquoi grâce à la concurrence une partie des capitalistes obtiennent en fait de plus-value plus qu'ils n'ont réellement produit, tandis qu'une autre partie d'entre eux réalisent une somme moindre. De toute la plus-value produite pendant une certaine période par le capital social total, chaque capitaliste obtient une part proportionnelle (r) Capital, 1. III, p. I 27.

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