664 LA REVUE SOCIALISTE -----------------------------' y être distribue suivant le Yéritable ordre social et moral, selon les besoins, les commodités et les agréments de chacun des membres de la société >L En réalité, le Createur est seul propriétaire et ce sont seuls notre trayail et nos besoins qui nous donnent le droit de nous approprier momentanément une partie de ses biens. Boissel attaque le mariage avec la même énergie. On s'est partagé les femmes comme les terres, d'une manière aussi antinaturelle. Il eût été difficile aux hommes de trouver mieux que ces deux propriétés « pour se dégrader et s'entr'égorger les uns par les autres». Les puissants invcntérent ensuite la religion pour faire sanctionner par elle les abus dont ils jouissaient. Sur ces fondements s'est élevée la société moderne qui en a développé tous les vices. C'est par une réforme radicale dans l'éducation que devra commencer la transformation indispensable d'un état de choses aussi monstrueux. En attendant de pouvoir supprimer la propriété, les propriétaires seront tenus de contribuer au prorata de leurs facultés a la création d'établissements scolaires pour les jeunes générations. Les maisons des religieux seront transformées en écoles. Les élèves se livreront a la culture en même temps qu'ils étudieront. Des ateliers pnblics seront créés pour toutes les industries. Au bout de quelque. temps on supprimera le numéraire. Ainsi, graduellement, on s'acheminera vers le véritable ordre social. On voit que les vues de Boissel se rapprochent sensiblement de celles de Babeuf. Tandis que Gosselin et Retif inclinent vers un régime égalitaire, et Chappuis vers la création de phalanstères isolés, Babeuf et Boissel rêvent une société communiste beaucoup plus voisine de celle que veulent les socialistes modernes. Tous sont d'accord pour critiquer violemment la société moderne et font de la propriété privée illimitée l'origine des maux de l'humanité. VI Nous arrêterons ici cette étude des brochures de 1789. Nous pouvons dès maintenant juger de l'importance des idées socialistes dans le mouvement de pensée qui aboutit a la Révolution. Cette importance est singulièrement restreinte pour ne pas dire nulle. ,,. Dans les cahiers, librement rédigés par la plupart des Français, et qui constituent un document autrement important que les brochures, le socialisme est a peu près complètement absent. Partout l'on proclame le respect dû à la propriété ; c'est au nom de la propriété ellemême qu'on demande la suppression des privilèges. De nombreuses réformes civiles et sociales sont demandées: elles ne touchent pas aux
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